12.05.2009
Empêcher que soit piétinée l'humanité de l'autre
21:44 Publié dans la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, taubira, délit de solidarité
07.01.2009
Lisa Della Casa - l'amour d'une diva - Partie 8/8
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06.01.2009
Lisa Della Casa - l'amour d'une diva - Partie 7/8
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30.12.2008
Lisa Della Casa - l'amour d'une diva - Partie 6/8
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28.12.2008
Lisa Della Casa - l'amour d'une diva - Partie 5/8
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26.12.2008
Lisa Della Casa - l'amour d'une diva - Partie 4/8
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24.12.2008
Lisa Della Casa - l' amour d'une diva - Partie 3/8
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22.12.2008
Lisa Della Casa - l' amour d'une diva - Partie 2/8
12:05 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lisa della casa, soprano, mozart, richard strauss, arabella, cosi fan tutte, don giovanni
18.12.2008
Lisa Della Casa - l' amour d'une diva - Partie 1/8
Merveilleuse Lisa Della Casa !
21:14 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lisa della casa, soprano, mozart, richard strauss, arabella, cosi fan tutte, don giovanni
20.11.2008
Suspiros de España
Il s'appelait Antonio. Il avait mon age, nous étions adolescents. Maintes fois il m'avait expliqué avec retenue et pudeur, comme pour justifier l'hispanité de son prénom, que son grand-père, républicain, avait du fuir jadis sa ville natale de Zaragoza.
Il y a exactement trente trois ans, le jeudi 20 Novembre 1975, il nous invita à déguster une bouteille de Codorníu !
Ce jour-là, en même temps que disparaissait Franco, se levaient les nuages noirs qui obscurcissaient les cœurs de générations de réfugiés et de leur descendance...
Diego El Cigala : "Suspiros de España"
01:00 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : espagne, franco, suspiros de españa, el cigala
08.11.2008
le génie de Johann Sebastian BACH...
... et la magnifique voix flutée de Magdalena Kozena
Johann Sebastian BACH, Cantate BWV 30: "Kommt ihr angefochtnen Sünder"
07:44 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bach, kozena
29.07.2008
Quelques instants
19:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.07.2008
Ô quelle obscurité !
09:30 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fidelio, welch dunkel hier, obscurité, beethoven
15.07.2008
L'esprit de Valmy

Un front très important de soldats prussiens, hessois et autrichiens se déployant de Dunkerque à la Franche-Comté avance inexorablement mettant en échec les troupes françaises. Une à une les défenses cèdent : Longwy est pris, Verdun tombe...
En Champagne, Dumouriez et Kellerman, généraux fraîchement nommés par les instances révolutionnaires rassemblent des volontaires qu'ils arment en toute hâte. Leurs armées formées de quelques professionnels et de nombreux bénévoles peu entraînés se regroupent sur le plateau de Valmy. Adossés au célèbre moulin, ils sont 24000 hommes du côté français. 100 000 austro-prussiens leur font face. C'était le 20 septembre.
A la faveur d'une dissipation de brouillard, après que les français eurent essuyé un feu nourri d'artillerie sans reculer, Kellerman coiffe son épée de son bicorne au panache tricolore et s'écrie « Vive la nation ! ». Les soldats entonnent la Marseillaise et en un éclair tous leurs chapeaux surmontent les bayonnettes. Une énorme clameur combative s'élève dans les rangs des français : cette armée brûle de combattre. L'infanterie ennemie qui avance, déjà éprouvée par le pilonnage de l'artillerie des révolutionnaires est alors saisie d'effroi. Brunswick donne l'ordre du repli.
Une deuxième tentative d'assaut par les prussiens se met en branle à nouveau quelques heures plus tard. Accueillis par le même bouillonnement pugnace des troupes françaises, les ennemis renoncent et battent en retraite. Les français ne les poursuivront pas.
C'est de ce triomphe populaire qu'est née notre France d'aujourd'hui. En effet, dès le lendemain de la victoire, le 21 septembre, apprenant la nouvelle et confiante en son avenir, la Convention nationale proclame la République. La défaite de Valmy sonnera le repli pour toutes les armées réactionnaires qui quitteront le territoire français.
Voici à quoi je pensais en ce jour de 14 juillet, et en relisant mon précédent article : « un projet beau mais difficile ». Goethe avait compris : lorsque les hommes sont prêts à se battre pour des causes qui touchent à la Liberté, à l' Humanité, ils sont capables de tout emporter sur leur passage et défrichent les voies de l'avenir. Les coalisés, eux, se battaient... soldats qu'ils étaient à la solde de régimes féodaux tentant de se préserver.
Aujourd'hui, il ne s'agit plus de faire parler les armes ! Pourtant d'autres combats, plus pacifiques mais non moins progressistes, sont encore à mener. Notamment celui d'une Europe politique choisie et assumée démocratiquement.
Pour quelle Europe allons nous rassembler et faire entendre, à l'instar des troupes révolutionnaires de Valmy, notre clameur déterminée ? pour une autre Europe que celle de l' Homme ?

Cet article est également disponible sur le site Club des démocrates
23:32 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : valmy, europe, kellerman, dumouriez, liberté, république, europe démocratique
13.07.2008
un projet beau mais difficile
des médecins au chevet de l' Europe
L' Europe revient donc sur le devant d'une scène médiatique, comme si, dans ce qui semble être son agonie, les médecins à son chevet tentaient de la sortir de cette torpeur, lente décrépitude dans les esprits qui semble être la tendance depuis nombre d'années. Chacun y va de son diagnostic, de son pronostic et de sa prescription tandis que d'autres s'agitent dans une approche plus communicative que rationnelle ou constructive.
des amorces de diagnostic et une ébauche de vision thérapeutique
- « il faut accepter que certains puissent avancer plus vite que d'autres » déclare Jacques Delors
- l' Agence France Presse indique clairement : « M. Fischer a reconnu que la création d'une telle avant-garde serait possible si le traité de Lisbonne était finalement adopté, malgré son rejet par les électeurs irlandais, mais qu'elle serait plus difficile si ce traité restait lettre morte (...) Il a suggéré que lors de prochaines réformes des institutions, les populations ne soient plus appelées à approuver par référendum un traité compliqué, comme cela a été fait en France, aux Pays-Bas et en Irlande, mais à décider si elles veulent continuer à participer à l'intégration européenne (...) L'idée est que les électeurs disent: "nous participons, et c'est un oui, ou nous pensons que c'est trop d'Europe, nous n'en voulons pas et nous ne participons pas", a-t-il expliqué. »


rendre l' Europe aux européens
Le « concept » Europe ne souffre pas aujourd'hui seulement de son manque de lisibilité, mais aussi de la certitude grandissante des populations que cette Europe s'éloigne de l'homme. La solution passera certainement par l'adhésion à un projet politique fort et universaliste. La proposition de création d'une communauté de l'énergie sera une aide mais apparaît hélas plutôt aujourd'hui comme un remède de confort. Ce projet politique doit être simple, conceptuel ; c'est cette question là qui doit être posée aux européens, celle qu'évoque en partie M. Fischer : "voulez-vous oui ou non poursuivre la construction européenne et voulez-vous que des représentants démocratiquement élus conduisent ce chantier ?". Cette Constitution doit régler le principe d'une vraie instance démocratique élue au suffrage universel (un Parlement) qui sera l'organe de construction de l' Union. Seule une pratique active et résolue de démocratie sauvera ce beau, grand mais difficile projet.

22:49 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : europe, énergie, delors, fischer, communauté européenne de l'énergie
02.07.2008
là est la question
à l'ombre du grand Charles
Héritier d'une des familles politiques qui a peut-être le plus détesté le Général de Gaulle, François Bayrou, fidèle à son habitude de ne reculer devant aucun paradoxe et devant aucun reniement dès lors qu'ils le servent (à l'instar d'un Sarkozy qui n'hésite pas à se référer à Jean Jaurès !) a décidé de rejouer à l'intérieur du Modem un scénario qu'il croit proche de celui d'un certain Charles de Gaulle qui joua avec panache son va-tout au travers du référendum de 1969.
En effet, Bayrou doit avoir une image d'homme d' Etat . Une image d'homme solitaire et courageux.

Dans les démarches comparées, des points communs il y en a peut-être, mais de très minces comme cette volonté au travers d'un plébiscite d'obtenir un blanc-seing. Bayrou a en effet décidé de consulter les membres du Mouvement Démocrate sur la ligne politique qu'il met en place dans le parti. Mais s'étendre sur un supposé parallèle entre le petit taureau béarnais et le géant de Colombey serait impudent : il y a en effet plus de différences que de similitudes dans leurs attitudes, même si l'on peut voir une analogie dans le fait que les deux hommes sont convaincus de connaître à l'avance le verdict du peuple. En 1969, de Gaulle se prit à poser une question qui n'avait rien de manichéen, question à laquelle était suspendu le bon-droit de son action : "me faites vous confiance ?". Il se trompait en pensant être plébiscité : on lui demandera de partir. La question de Bayrou ne relève pas de la même logique : le peuple du Modem va répondre à une question mille fois débattue et Bayrou ne peut que détourner la réponse : le peuple démocrate lui confirmera la nature politique du projet qu'il attend et Bayrou déduira (par un rapide tour de zapette) qu'il est par la volonté de ce peuple démocrate l'incontesté et incontestable chef du parti. Ce que Bayrou veut, Dieu lui même le veut.
La question de Bayrou en effet n'en est pas vraiment une au sens formel, mais elle en prend une acception très « jésuitique » dans l'esprit en ce sens que c'est une question sous forme d'affirmations, question ne rendant possible qu'une seule et unique forme de réponse positive. Et c'est du résultat positif de cette réponse que le leader "démocrate" compte asseoir sa légitimité ! Nous développerons plus loin.
néophytes contre cerveaux rondouillards
Quelle aubaine que ces attaques de la « tendance Arthuis » ! Elles sont en effet le prétexte qui arrive à point nommé afin de faire croire à une classe politique néophyte et à des observateurs en quête de politique spectacle que Bayrou c'est vraiment la nouvelle façon de faire de la politique à mille lieux de la droite ; ceci en opposition avec M. Arthuis, sénateur au physique plutôt mince mais à l'esprit réputé rondouillard et conservateur, dont le soupçon est intelligemment entretenu au sein de la base du Mouvement Démocrate qu'il se tiendrait toujours près de l'assiette au beurre à sa droite et toujours disposé à des manœuvres séditieuses pour infléchir le cours victorieux de cette nouvelle et fraîche démarche politique qu'incarne le pur François Bayrou .
Si l'on suit ce cheminement d'analyse, il est vraisemblable de penser que la « motion Juillard » a été écartée, à partir d'un prétexte pseudo-réglementaire, car elle n'a rien en fait à faire dans les objectifs du leader. La question qui sera posée aux membres du Modem a, semble t-il, pour but le renforcement d'une légitimité qui se doit d'être incontestable et non pas la déclaration solennelle d'une ligne politique, ligne politique qui n'a cessé d'être ressassée depuis avril 2007.
fausse avarie de l'aile droite
Il est curieux de constater qu'une motion concurrente dont la rumeur susurrait qu'elle serait élaborée par Thierry Cornillet (contestataire de « l'aile droite », cette fameuse « aile conservatrice » vilipendée par la base) n'ait même pas été présentée. Existait-elle potentiellement ? N'aurait-elle pas été cette image de vilain croque-mitaine que le père et la mère brandissent à leurs enfants afin de leur faire prendre conscience du danger que court chaque petit qui s'écarte du chemin tracé par les parents ? Ou bien les rédacteurs de cette motion contestataire auraient-ils trouvé un terrain d'entente avec le chef des démocrates, terrain d'entente savamment inavoué et stratégiquement caché ? Ce sont bien des indices de plus pour certains analystes de la classe politique qui annoncent un virage nécessaire de Bayrou sur sa droite s'il veut pérenniser son image de recours pour la France, image qui a souffert de ses errements dans la campagne des municipales et qu'il convient de redorer.
Nous avons les moyens de vous faire répondre...
François Bayrou demande aux militants d'approuver une ligne. Si nous voulons comprendre le caractère pour le moins spécieux de la consultation, formulons les questions qui semblent avoir suscité ces réponses et qui viennent à l'esprit naturellement lorsque l'on lit ses « propositions », « suggestions » descendant d'en haut dessinant le chemin que le leader veut tracer courageusement envers et contre tous, dans ce monde politique que les militants du Modem voient hanté partout (y compris dans leur propres rangs) de traîtres, de corrompus, de menteurs.

Question : Est-il vraiment important de s'occuper aujourd'hui de notre société ?
Réponse de Bayrou : Il est vital de définir un projet nouveau pour notre société
autre réponse « possible » : la société, on s'en fiche et on veut que rien ne change
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Question : entre le modèle français et le modèle capitaliste pur, quel est votre choix ?
Réponse de Bayrou : Notre modèle français et républicain vise à l’amélioration de la situation de tous, alors que le mouvement du capitalisme financier encourage l’augmentation croissante et toujours accélérée des inégalités.
autre réponse « possible » : notre modèle français vise à la détérioration de la situation de tous, alors que le mouvement du capitalisme financier encourage l'augmentation croissante et toujours accélérée de la justice sociale
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Question : un alignement aveugle sur la position des USA vous semble t-il profitable ?
Réponse de Bayrou : L’alignement de la France est d’autant plus préjudiciable au moment où les excès de ce capitalisme ont déclenché une crise grave partie des Etats-Unis : les supprimes menacent les classes moyennes et le crédit, le système de santé est injuste, les prix des matières premières explosent, le dollar s’effondre, l’Irak est une impasse.
autre réponse « possible » : l' alignement de la France est une très bonne chose surtout au moment où les bienfaits du capitalisme ont déclenché une formidable bouffée de progrès : les subprimes permettent aux classes moyennes d'améliorer leur pouvoir d'achat, le système de santé est à son apogée, les prix des matières premières sont harmonieux, le dollar est stable, l' Irak est une réussite.
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Question: quel est votre modèle de société ?
Réponse de Bayrou: Il faut que la société soit créative. Il n’y a pas de société qui fasse rayonner ses valeurs si elle est dominée économiquement et technologiquement. Les valeurs de création et l’esprit d’entreprise sont au centre de ce projet : l’entrepreneur, le chercheur et l’artiste, portent également la société créative indispensable au projet humaniste. La clé de la créativité, c’est l’éducation qui exige l’effort de touset la solidarité de la nation.
autre réponse « possible » : il faut que la société soit endormie. Les seules sociétés qui font rayonner leurs valeurs sont celles qui sont dominées économiquement et technologiquement. Les valeurs de création et l'esprit d'entreprise doivent être éliminées de notre projet : l'entrepreneur, le chercheur et l'artiste n'apportent rien dans la société sclérosée indispensable au projet anti-humaniste. Le cancer de l' immobilisme c'est l'éducation qui doit être bannie, ce fléau qu'est la solidarité également.
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Question : Votre modèle social ?
réponse de Bayrou: Il faut un modèle social juste. Les réformes sont une nécessité pour adapter un pays aux temps nouveaux. Mais elles ne seront acceptées durablement, que si l’esprit de justice les inspire et les règle, et si on refuse les ghettos dus à l’argent, à l’origine, à l’âge, à la situation sociale.
autre réponse « possible » : il faut un modèle social injuste. L' immobilisme est une nécessité afin d'empécher un pays de s'adapter aux temps nouveaux. Cet immobilisme ne sera accepté que si l'esprit d'injustice les inspire et les règle, et si on promeut les ghettos se référant à l'argent, à l'origine, à l'âge, à la situation sociale.
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Question: comment anticiper l 'évolution de la société ?
Réponse de Bayrou : Il faut que la société soit durable. La solidarité entre générations est une exigence aussi élevée que la solidarité à l’intérieur d’une génération. Nous sommes durement confrontés à des menaces sur l’équilibre de la planète et de nos pays. Le passage de l’énergie abondante et bon marché à l’énergie rare et chère, le choc climatique, le poids croissant des déficits et de la dette, le vieillissement de nos populations, les désordres monétaires sont autant de menaces sur l’avenir. La vertu du modèle humaniste, c’est l’équilibre.
autre réponse « possible » : les théories sur le développement durable sont des fadaises. Entre les génération et à l'intérieur d'elles , le « chacun pour soi » doit prévaloir. L'équilibre de notre planète et de nos pays n'est pas menacé. Le passage de l’énergie abondante et bon marché à l’énergie rare et chère, le choc climatique, le poids croissant des déficits et de la dette, le vieillissement de nos populations, les désordres monétaires sont autant de bienfaits pour l’avenir. La vertu du modèle anti-humaniste, c'est le déséquilibre.
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Question: comment voyez-vous l'équilibre du monde ?
Réponse de Bayrou: Il faut l'équilibre des puissances et donc l' Europe. Si l’on veut la justice internationale, il faut écarter la domination. Pour résister aux grandes puissances dominatrices, il faut faire naître un monde organisé. L’Europe rassemblée est le précurseur nécessaire des nécessaires organisations régionales. Voilà pourquoi le combat pour une Europe protectrice de diversité, respectueuse des peuples qui la composent, n’est pas seulement un combat pour nous-mêmes mais pour toute l’humanité.
autre réponse « possible » : les déséquilibres mondiaux sont bénéfiques ; bannissons donc l'idée de l' Europe. Si l'on veut l'injustice internationale, il faut encourager la domination. Pour se plier devant les grandes puissances dominatrices, il faut que la désorganisation du mode s'amplifie. Une Europe divisée est le précurseur nécessaire des nécessaires organisations centralisatrices. Voilà pourquoi le combat pour une ensemble de nations jacobines irrespectueuses des peuples n'est pas seulement un combat pour nous mêmes mais pour toute l'humanité.
%
Question: Quid de la démocratie ?
Réponse de Bayrou : Il faut une adhésion démocratique. Nous croyons que la démocratie exige la prise de conscience et de responsabilité des citoyens. Ils ont droit à la vérité du débat public et à la protection contre les abus de pouvoir. Ils ont droit à des institutions loyales, qui garantissent la séparation des pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire et la juste représentation des citoyens.
autre réponse « possible » : il faut absolument un système autocratique. Nous pensons que cette autocratie exige l'abêtissement et l'irresponsabilité des citoyens. Ils n'ont pas droit à la vérité du débat public et à la protection contre de prétendus abus de pouvoir. Ils devront se contenter d'institutions arbitraires qui permettent le contrôle de l'exécutif du législatif et du judiciaire afin que les citoyens ne puissent avoir accès à leurs droits.
%
Question: comment qualifier votre projet et quelle posture pour le défendre ?
réponse de Bayrou : Ce projet humaniste, les citoyens l’attendent quand ils pensent à la France aussi bien qu’à l’avenir du monde. Au Mouvement Démocrate, fort de son indépendance, de le penser et de le porter !
autre réponse « possible » : ce projet pour l'asservissement de l'être humain, les citoyens le rejettent, mais on saura leur imposer. A nous, forts de nos allégeances de manigancer et de magouiller pour cela !
Score « mugabeyien »
Ce petit exercice démontre aisément ab absurdo la manoeuvre fallacieuse qui consiste à lancer des affirmations que le bon sens interdit de critiquer pour asseoir sa légitimité sur le caractère unanime de leur approbation !

Il est évident que le plébiscite de Bayrou va se rapprocher en suffrage des scores du Président Mugabe ! Et gare aux opposants internes à Bayrou qui seront fustigés tels de méchants réactionnaires : la porte leur sera proposée appuyés par l'invitation et le salut magnanimes du roi béarnais nouvellement sacré !
De nombreux militants inquiets des méthodes autocratiques de la direction du Modem suggèrent que cette consultation soit boycottée. Ce serait en effet la meilleure solution pour remettre l'autocrate à sa place.
Dans une prochaine analyse, nous tenterons de lire entre les lignes les messages subliminaux (mais très clairs... les connaisseurs de la chose politique comprendront très rapidement) que Bayrou envoie quant à son positionnement réel sur l'échiquier politique.
Charles Tocanier
08:50 Publié dans la France | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, motion de confiance, modem, mouvement démocrate
13.06.2008
Quelques-unes des très nombreuses raisons pour lesquelles je ne puis rester au Mouvement Démocrate.
Je me suis suffisamment étendu sur les aspects qui me semblaient pitoyables de ce mouvement que l'on vide de tous ses talents d'audience nationale, talents qui pourraient faire de l'ombre alors que le leader doit demeurer omniscient et incontestable. J'ai été assez critique (et quelquefois de façon très mordante dans les colonnes de ce blog) sur ce culte de la personnalité du chef ; culte non seulement admis, mais probablement même habilement entretenu par le chef lui même et par ses proches dans les rangs des militants .
Je n'ai pas non plus caché ma forte désapprobation des incessants décalages entre les discours du leader François Bayrou et ses actes, décalages qui deviennent inadmissibles dès lors qu'au travers de leur récurrence on ne peut pressentir qu'une stratégie de promotion personnelle, stratégie d'autant critiquable qu'elle s'appuie, de plus en plus pour le moment, sur un discours populiste.
Outre l'indigence du projet que tente de pallier laborieusement cette posture populiste difficilement défendable - posture qui ne peut se départir de sa marque de fabrique caractérisée par un cheminement intellectuel du type chevalier blanc qui va « dire oui à ce qui est bon et non à ce qui ne va pas dans le bon sens », puisque chacun sait que l'omniscient Bayrou est doté de cette science divine, qui permet de séparer ce qui est bon de ce qui est mauvais - le Modem présente également d'autres aspects préoccupants.
Préoccupants, ces aspects le sont non pas par une perversité intrinsèque toute particulière que ce parti pourrait receler, mais plutôt en raison du non-dit qui fonde son positionnement politique. Non-dit car, soit parce que l'afflux massif de nouveaux militants provenant de milieux non-institutionnels de la politique avec leurs bagages de nouveauté a porté celui qui a accouché de ce mouvement démocrate à un niveau que nul ne soupçonnait, l'éloignant ainsi en apparence du socle politique fondamental sur lequel il s'appuyait, soit parce qu'il était de l'intérêt même de son leader d'utiliser ce souffle de nouveauté exhalé par l'arrivée de ces milliers de nouveaux visages, souffle permettant de recouvrir d'un couche de fond de teint sa vraie physionomie.
Mais si l'on regarde de près, le socle ou le vrai visage transparaissent. Inévitablement.

Nombre de postes-clé sont « confiés démocratiquement » à des amis d'idéologie démocrate-chrétienne au travers de systèmes de nominations qui semblent plutôt relever de la volonté de François Bayrou que d'une démarche démocratique dans le mouvement. Sous d'autres aspects, pour ne donner qu'un petit exemple (petit, mais révélateur !) dans le dernier meeting organisé sur l' Europe, la presque totalité des personnalités nommées sur les cartons d'invitation proviennent de ces milieux de chrétiens engagés.
Pourquoi ne pas assumer ce caractère de forte imprégnation ? parce que le seul terme de « chrétien » ou « catho » est capable à lui seul de faire fuir 80% de cet électorat que François Bayrou avait réussi à drainer lors des présidentielles, électorat qui s'est depuis suffisamment évaporé comme cela ?
Sous un autre angle, si l'on regarde le positionnement politique, rien ne change avec le Modem des anciens partis « cathos ». La posture politique est évidemment celle très classique de la famille démocrate chrétienne française : une critique (quelquefois vive) du libéralisme, et pourtant des alliances électorales en grande majorité avec cette droite que l'on fustige courageusement en privé mais dont on fait le lit en public, devant laquelle on se couche et qu'on finit toujours par promouvoir avec toute l'abnégation que lui confère la pusillanimité légendaire du centricus vulgaris et sa franchise mythique elle aussi !
En arrivant au Modem, je savais évidemment que je serai amené à côtoyer des démocrates-chrétiens. J'étais prêt à échanger avec eux et même heureux à cette idée d'un mélange culturel : ils avaient eu une démarche courageuse de déclarer vouloir s'émanciper de cette droite qui règne en maitre sur eux et suscite tant de mépris courtois réciproque, me disais-je. Mais en participant à ce mouvement « démocrate », je n'avais nullement l'intention de promouvoir un parti dont les verrous qui sont en train de se mettre en place semblent révéler un neo-M.R.P. déguisé ! Les 60 000 adhérents que revendique François Bayrou dans le Modem (combien en reste t-il aujourd'hui ?) sont-ils conscients de ce positionnement ? Peuvent-ils l'accepter ?
J'en suis persuadé : un des enjeux politiques majeurs pour notre pays et pour l' Europe dans les prochaines décennies sera la défense de la laïcité.
A cet égard, en pensant au démocrate-chrétien Bayrou et à ses amis, je me remémore cet amusant proverbe anglais : « si tu veux que ton poulailler prospère, ne le donne pas à garder au renard ». Le renard peut certes affirmer qu'il est devenu végétarien. Le renard parle beaucoup, avec verve, habileté, lyrisme, force de conviction. Mais attendez qu'il prouve vraiment son nouveau régime alimentaire. Il se pourrait que ses paroles ne soient que rouerie.
François Bayrou a beaucoup parlé de démocratie. Avec verve, habileté, lyrisme, force de conviction. Il s'est présenté aux yeux des français comme démocrate ? qu'à cela ne tienne : dans son petit parti, il invite à penser qu'il en est l'inverse.
Quand François Bayrou se dit laïc... je crains qu'il ne le soit autant que démocrate ! d'autant que certains indices peuvent amener à réfléchir, mais nous parlerons de cela une autre fois, peut-être... Quand François Bayrou se dit laïc, disais-je, je pense au renard devenu végétarien...
Pourrait-on confier au démocrate chrétien (qui, probablement par électoralisme, ne s'affiche plus comme tel), lui qui s'est révélé être le piètre démocrate alors qu'il portait haut la morale du même nom, la garde de ce trésor inviolable que doit être la laïcité ?
Comme pourrait le dire je ne sais qui : « il n'existe que des preuves de démocratie et que des preuves de laïcité ». Attendons, avant de sauter comme des cabris en criant « Bayrou ! Bayrou ! » qu'il fasse ses preuves réellement sur ces sujets défendus en parole mais plutôt infirmés dans les actes jusqu'à présent.
« Penser, c'est dire "non" ». Alain
Ce «non», ma démission du Mouvement Démocrate l'exprime de toutes ses forces.

Colombe de la Démocratie Chrétienne ?
ou
portrait d'un des nombreux adhérents Modem qu'on a pris pour des "pigeons" ?
Lien interessant : Adieu Modem, je t'aimais bien
19:57 Publié dans le Béarn | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : modem, démocrate chrétien, démocratie chrétienne, laïcité, bayrou, mrp mouvement démocrate
20.04.2008
Bayrou et Aimé Césaire
Emu par la disparition le 17 avril d' Aimé Césaire et impressionné par l' hommage unanime de la classe politique toutes tendances confondues, dès la nouvelle apprise, je me mis à lire les témoignages qui affluaient. Tous les acteurs (et actrices !) majeurs de la société française s'étaient déjà exprimés.
Mais dans cette liste, nulle trace de François Bayrou - en fait il réagira ultérieurement avec une louange appuyée parlant (tout comme je l'ai fait) d'homme debout, évoquant les grandes valeurs que représentait Aimé Césaire.
Comment, me dis-je sur le moment, comment se pourrait-il que François Bayrou qui se prétend chantre de la liberté, de l'humanisme, du parler-vrai ait pu oublier de saluer la mémoire du poète ? Il a probablement réagi, pensais-je, et l'information n'a pas été retransmise par les media. Les militants se plaignent souvent que leur leader est tenu de côté par les milieux de l'information : alors que j'ai toujours pensé l'inverse, devrais-je leur accorder aujourd'hui qu'ils auraient raison ?
Et si je recherchais sur internet ? Il se trouvera bien un blog officiel (ou non) relayant une déclaration de Bayrou que les media nationaux auront ostracisée ?
Me voici donc tapant dans mon moteur de recherche internet "Césaire Bayrou".
Quelle ne fut pas ma surprise à la découverte de quelques liens sur lesquels je cliquais !
Césaire Bayrou (voir message du 26 avril 2006 08H40)
Pensant à la célèbre phrase de Jean-Pierre Chevènement : "un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne", et réfléchissant au paradoxe temporel que représente une telle censure, censure accomplie par un homme qui s'affiche aujourd'hui vigoureusement comme Le chantre de la liberté d'expression et de l'indépendance de l'information, je me pose plusieurs questions :
- Entre la censure et l'hommage au poète, devons nous voir une évolution positive du responsable politique ?
- La liberté d'expression, le droit dans l'éducation à l'accès vers une connaissance objective des formes artistiques de toutes tendances et le devoir de permettre la jouissance de ce droit sont-elles des valeurs qui nécessitent la maturité politique, intellectuelle dont on pourrait dispenser un jeune ministre d'un peu plus de 40 ans ? La prise en conscience du caractère impérieux de ces valeurs est-elle si compliquée qu'elle exige de dépasser la cinquantaine pour qu'un responsable politique en comprenne l'enjeu ?
- Selon la réponse que l'on apporte à la question précédente, puisque certains défenseurs invoquent la pression d'une majorité sur un minsitre impuissant, peut-on penser que M. Bayrou ferait partie de ces responsables politiques qui "la ferment" (donc ne démissionnent pas) alors qu'ils sont ministres pour "l'ouvrir" ensuite lorsque les échéances électorales arrivent alors qu'ils ne sont plus au pouvoir, ne risquent plus rien et n'ont donc pas à démissionner ?
- Est-ce une tradition qu'un ministre de la Ve république ne démissionne pas lorsque ses convictions sont remises en question par la solidarité ministérielle qui lui est imposée ? D'autres ministres n'auraient-ils pas déjà démissionné ? Ne vous semble t-il pas avoir des noms en tête ?
- Certains qualifient la posture politique de François Bayrou de "courageuse". Quelles sont les postures les plus courageuses : "la fermer comme ministre puis l'ouvrir quand on n'a plus rien à perdre" ? ou : "se battre de la même façon pour les convictions que l'on prétend servir, que l'on soit en poste ou non" ?
Cher Aimé Césaire,
La semaine dernière, je n'avais encore que des regrets... Oui, ce n'étaient bien que des regrets pour cette participation enthousiaste à la création du Mouvement « Démocrate ». Regrets car il est toujours affligeant pour les braves gens de se voir proposer de vivre dans un bel édifice collectif à partir de plaquettes publicitaires alléchantes, de participer laborieusement à sa prétendue construction pour avoir enfin le sentiment que si les documents de construction sont flous, si les besogneux qui maçonnent ne voient que des ébauches parcellaires de plans, si l'ouvrage attendu ne sort pas de terre, c'est que le magnifique immeuble collectif de plain-pied qu'on leur a vendu n'est constitué que d'une étroite cage pour un ascenseur monoplace menant à l'étage "année 2012, présidentielles" ! et qu'il convient qu'ils ne voient pas trop loin afin de ne pas les inciter à la désertion ! Tout comme ils doivent continuer à croire qu'ils travaillent pour la collectivité ! Bon... Mais finalement, lorsque les besogneux que l'on côtoie en homologues dans cette entreprise sont sympas, on se fait une raison, on se dit que le temps passé n'est pas complètement perdu. Et on a raison de raisonner ainsi.
Mais arrive hélas le moment où, à force de recevoir jour après jour une goutte amère derrière l'autre, la coupe déborde.
J'en suis là désormais.
J'ai honte aujourd'hui d'avoir pu être aveuglé par l'enthousiasme d'un beau projet de société à la tête duquel ne se trouve qu'un homme, un homme qui reproche à ses adversaires de ne pas respecter des valeurs qu'il n'a pas défendues en son temps ou qu'il a peut-être même foulées du pied.
J'ai honte aujourd'hui de n'avoir pas réagi dans ce mouvement aux nombreuses dérives dans lesquelles je n'aurais du voir qu'autocratie et dissimulation. Au mieux ai-je honte, lors de ces jours où se mélangent lucidité et espoir sur la palette multicolore de notre incompréhension, d'avoir pu penser (malgré ma déception grandissante depuis de nombreux mois) que cela pourrait peut-être changer.
J'ai honte de toutes ces belles paroles qui ne résistent pas aux assauts du temps et du besoin de vérité.J'ai honte aujourd'hui d'avoir participé à l'élaboration de ce mouvement « démocrate » et « collectif » qui ne sait que développer en son sein le culte du chef et où la seule parole transmise à l'extérieur est celle d'un unique conducteur qui, en se victimisant, reproche à ses adversaires le comportement exact qu'il a avec eux. J'ai honte de ce populisme qui devient le seul mode d'expression tant à l'intéreur qu'à l'exterieur. J'ai honte d'avoir fait partie d'une organisation tellement démocrate qu'elle ait pu susciter même chez certains de ses membres la comparaison avec un système d'une secte gouvernée par un gourou.
Tout cela serait triste s'il ne nous restait, cher Aimé Césaire, l'espoir que votre exemple (et celui de beaucoup d'autres) fait naître en nous de nous envoler avec vos écrits, grands oiseaux emplumés de Liberté.
Dans l'exemple trouverons-nous peut-être l'énergie de rester dressés et combatifs.
La plume de ces grands volatiles de Liberté, les poèmes de Neruda, m'a chatouillé cet après midi lorsque je me suis dirigé vers mon étagère ornithologique !
Je ne pouvais que m'abreuver dans le sillon de son Chant Général et en extraire ici les vers dans le terreau éloquent de son hommage à votre frère nègre Toussaint Louverture :
De sa douceur enchevêtrée
Haïti extrait des pétales pathétiques,
une droiture de jardins, des édifices
de la grandeur ; la mer y berce
pareille à une aïeule noire
sa vieille dignité de peau et d'étendue.
Toussaint Louverture noue entre elles
l'indépendance végétale,
la majesté rivée aux chaînes
et la voix sourde des tambours,
puis il attaque, obstrue la route,
grimpe, ordonne, expulse, défie
comme un monarque naturel ;
mais dans le filet ténébreux
il tombe un jour, on le transporte
sur les mers, traîné, bousculé
comme le retour de sa race,
on le jette à la mort secrète
des sentines et des basses-fosses.
Mais les rochers brûlent dans l'Ile,
les branches parlent en leurs cachettes,
on se communique l'espoir,
et les murs du bastion surgissent.
La liberté est ta forêt,
mon frère sombre, garantis
ton souvenir et ta souffrance
et que les héros du passé
protègent ta magique écume.
Pablo Neruda XXX Chant Général
Je suis à nouveau debout et redressé !
Merci Césaire, Louverture, Neruda et tous les autres !
Orange : c'est la couleur d'un crépuscule souvent annonciateur de lendemains pluvieux. A quoi nous servirait-il de vouloir figer ce crépuscule ? laissons veir la nuit porteuse de conseils : elle enseigne la patience et l'espoir. Bientôt, pour qui sait attendre, une aube se lèvera sur un jour enfin ensoleillé.
Nous pourrons alors reprendre à l'épaule notre baluchon rempli de nos outils et nous remettre sur le chemin de la liberté. Chemin tout au long duquel de fraîches et mûres baies attendront la cueillette de nos propres mains. Cela ne vaudra t-il pas mieux que d'ingurgiter béats et immobiles les fruits traditionnellement destinés aux prisonniers qu'un autocrate nous sert de surcroît probablement décongelés et ainsi tout desséchés ? Dame ! ils étaient congelés depuis 1967 et avaient subi plusieurs cycles de congélation-décongélation ! Dire qu'on nous garantissait leur fraîcheur !
00:09 Publié dans la France | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, césaire, libre expression, censure, interdit, griotteray, liberté
17.04.2008
A dan dot soley
Cher Aimé Césaire,
C'en est ainsi : il fallait bien que vous finissiez par vous en aller vous aussi.
Est-ce un des traits de votre esprit libertaire qui vous a fait partir quelques jours avant le 160e anniversaire de la Révolution de 1848 et de l'abolition de l'esclavage ?
Au Panthéon des hommes de couleur dont Victor Schoelcher a permis l'ouverture de porte, vous rejoignez ceux qui comme vous avaient pour aïeux des esclaves, ou ceux qui ont servi de si belle façon cette négritude qui vous était chère. Ils s'appelaient Léon Gontran-Damas, Gaston Monnerville, Blaise Diagne, Félix Eboué, Léopold Sédar Senghor et j'en oublie bien d'autres encore. Vous partagerez avec eux cette image dans notre souvenir d' homme fier, debout, engagé, amoureux de la Liberté et des hommes.
Cher Aimé, je voudrais relire avec vous une partie de ce discours que fit Gaston Monnerville en 1948 lors de la commémoration du 100e anniversaire de l' abolition de l'esclavage et de la révolution de 1848 :
"L'esclavage des Noirs ! Messieurs SENGHOR et CESAIRE vous ont rappelé ce qu'a été cette plaie qui souillait l'humanité. Je n'en reprendrai pas le tableau.
Cette institution jadis sacro-sainte était dans les moeurs coloniales et le Roi de France lui-même se livrait au commerce du "bois d'ébène".
Mais la sensibilité et l'instinct du peuple de France lui étaient contraires. Le peuple de France est hostile à toute négation de la liberté; et si le mérite des philosophes et des orateurs fut de diffuser par l'écrit ou la parole l'idée de l'émancipation, on peut dire qu'elle préexistait dans la sensibilité populaire. Ayant conquis la liberté par sa volonté et son propre sursaut, la masse française devait inévitablement vouloir l'étendre à tous les autres peuples asservis.
Et tel a bien été le déroulement des faits : chaque fois que le peuple français a eu la possibilité de faire entendre sa voix, il a imposé l'abolition de l'esclavage. (...)
Contre la volonté, il n'est point de fatalité.
Tout est possible à celui qui refuse la servitude.
C'est la leçon exaltante qui se dégage de l'exemple même d'un homme comme Victor SCHOELCHER. C'est celle dont nous, hommes de couleur, venant de tous les horizons d'Outre-Mer, voulons nous inspirer sans cesse, car elle nous montre qu'une volonté tenace, mise au service de la raison et d'un haut idéal, est susceptible de changer la face du monde.
Elle a été notre guide aux heures où là le fanatisme bestial menaçait d'éteindre les lumières de l'esprit et où avec la France, risquait de sombrer la Liberté.
C'est elle qui brillait au front de ces hommes d'Outre-Mer qui, répondant au geste historique de leur congénère Félix EBOUE partirent pour la croisade de la libération, (...) et, versant le meilleur de leur sang sur la terre d'Alsace et devant Colmar même, libéraient à leur tour le berceau de leur libérateur. Voilà la leçon et la justification de Victor SCHOELCHER. Ces fils d'affranchis se jetèrent dans la lutte, non pas comme des mercenaires sans âme, mais comme des hommes qui, depuis SCHOELCHER et grâce à SCHOELCHER, ont compris qu'il n'est pas au monde de bien supérieur à la Liberté.(...)
Alors, à ceux qui douteraient encore, à ceux qui s'attarderaient à s'interroger sur l'opportunité du grand geste que fut l'émancipation des esclaves et leur appel à la citoyenneté, à ceux qui, pendant longtemps, ont souri de la « naïveté » des révolutionnaires de 1848 et de leurs utopies, nous qui avons médité tant sur l'acte que sur les mobiles du grand abolitionniste, nous qui avons perçu la résonance profonde qu'il a eue dans l'esprit de tous les citoyens du monde, nous crierons de toute notre foi, du plus profond de notre être reconnaissant:
"Oui, Victor SCHOELCHER avait raison"."
Cher Aimé Césaire, votre exemple, comme celui des hommes que vous rejoignez dans nos mémoires, sera un encouragement à nous tenir debouts et à participer humblement à la continuation de votre action : contre l'oppression des peuples, contre le (neo)colonialisme,... pour construire un humanité libertaire, libre, égalitaire où regnera l'égalité par la fraternité au delà des obstacles que les sectarismes et les racismes cherchent à dresser entre les hommes, au delà de la pigmentation de nos épidermes.
A dan dot soley...
(au revoir...)
Participez à la signature de la pétition : Césaire au Panthéon
(nota : votre pétition est déjà enregistrée lorsqu'apparaît la page de demande de donation pour l'hébergeur de la pétition, donation que vous n'êtes pas obligés de satisfaire)
14:51 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : césaire, négritude, colonialisme, fraternité, liberté, monnerville, senghor
15.04.2008
François Bayrou : conférence de presse du 14 avril 2008
A la suite des déclarations de presse selon lesquelles une répugnante cellule "anti-bayrou" pourrait être pilotée depuis l' Elysée, François Bayrou, le magnanime, infaillible et héroïque Président de l' éternel Mouvement Démocrate, fort de l'appui de ses valeureux et estimables militants qui l'entoureront jusqu'à la victoire finale, promet le renforcement de sa politique démocrate éclairée au sein de son flamboyant parti et proclame de toute sa bravoure :
"Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera tranquillement échec à toutes les manœuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en main."
23:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, mouvement démocrate, modem, conférence de presse, elysée





