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30.11.2007

Intervention de Marie Casteran au conseil municipal de Lons le 28/11/07

La présente rubrique a pour but d'offir à tous une tribune libre. Il s'agit ainsi d'encourager le pluralisme et le brassage des idées. Merci à tous les contributeurs.

Les propos qui suivent n'engagent que leurs auteurs et sont libres de toute ingérance de la part des administrateurs du blog.

 
 
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Allocution de Madame Marie CASTERAN lors de la réunion du conseil municipal de la ville de Lons (64) le 28/11/07

 
 
 
 
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Marie Casteran 

 

 

Monsieur le Maire,

A la surprise générale, en prenant la parole ce soir, je viens prouver quelque chose d' à peine croyable: je peux parler et je sais même lire et écrire!

Je ne peux pas en vouloir à ceux de cette assemblée qui croyaient le contraire jusqu' à aujourd'hui.

En effet, il est vrai que depuis Mars 2001, je n' ai jamais été sollicitée ni pour m' exprimer, ni même pour lire une délibération concernant la culture dont j'étais chargée par délégation.

Ma seule intervention, silencieuse, mais remarquée, fut de m'abstenir lors du vote sur la médiathèque.

Effectivement, ayant manifesté mon désaccord au sein de notre groupe majoritaire, sur le caractère non prioritaire de cette structure, et sur celui, beaucoup plus urgent, d' une véritable salle de spectacle, je me suis entendue répondre que si je n' étais pas d' accord, la porte était ouverte!

 Devant une telle absence de dialogue, j' avais voulu manifester mon indignation en ne respectant pas les consignes de vote à l' occasion du conseil municipal suivant.

Ceci n' étant pas politiquement correct, inutile de préciser que dés lors, j' ai été complètement écartée du projet «Médiathèque», et de bien d' autres projets d'ailleurs.

Ainsi ai-je été surprise et très peinée d' apprendre récemment, la fermeture définitive, fin Décembre, de la bibliothèque du Perlic . Je n' en avais pas été informée, et je pense que cette décision aurait nécessité une véritable concertation!

Mais là n' est pas le propos: Après cette intolérable abstention au conseil municipal, je m'étais conformée à ce que l'on attendait de moi, par respect de l'équipe plus que par conviction.Il n' est donc pas étonnant que certains m'aient affublée, au même titre d' ailleurs que mes co- listières, du terme peu flatteur de "potiche". J' ose espérer au moins, que l' on m' accordera ,avec indulgence, le caractère... décoratif de l' objet précédemment cité!

Ce serait presque risible, si ce n' était pas aussi désespérant, car je ne me suis pas investie dans cette "mission" que constitue, pour moi, la responsabilité de représentante de la population, pour en tirer quelque avantage que ce soit! J' ai réfléchi pendant deux ans, Monsieur le maire, avant que d' accepter vos propositions... municipales !...

Si seul l' intérêt m' avait poussée, j' aurais dit "oui" tout de suite! Mais j' ai trop de respect pour la chose publique pour me contenter d'accepter un titre sans en supporter la charge. De même, je n' ai pu me résoudre à percevoir une indemnité financière, sans que cette dernière ne soit justifiée par un minimum de présence, de travail, et d' efficacité.

Lors de notre entretien du Mardi 6 novembre, en présence de votre premier adjoint, puisqu' il vous fallait un témoin, vous m' avez dit que je n' étais pour rien dans l'évolution de la culture dans notre commune ! Je n' ai pas la prétention d' avoir été la seule à œuvrer, pour insuffler à Lons, une ébauche de projet culturel, mais je rappellerai quand même qu' en 2001, seules les écoles de musique et de théâtre, survivaient dans un désert culturel avéré et pleinement assumé!

Il m' a fallu beaucoup de patience et de persévérance, Monsieur le maire, pour vous persuader (Et je ne suis même pas sure d' y être arrivée aujourd'hui ), que la culture présentait autant d'intérêt que le sport. Mais, peine perdue, culture rimait alors avec physique !

"Des expositions dans le hall de la mairie? Quelle idée saugrenue"! disiez-vous. Aujourd'hui, vous vous en félicitez, Il faut bien remplir et faire vivre un espace aussi vaste!..Surtout quand on n’en a pas d'autre!

Mais avant d' en arriver à ce constat plutôt positif, il a fallu se battre: C'est l' association familiale dont je m' occupe, qui a fait office, pendant trois ans, de service culturel municipal et d' intermédiaire financier, parce que l'utilité d'un tel service ne vous apparaissait pas flagrante!

Je vous rappelle aussi, preuves à l' appui, s' il en était besoin, que la toute première programmation d' une véritable saison culturelle telle qu' elle apparaît encore aujourd'hui, a vu le jour en 2003, alors qu' aucun structure municipale n'existait encore!

Pour information: A l' époque, pas de véritable budget pour une dizaine de spectacles, et autant d' expositions, mais une autorisation de déficit, à la hauteur de 20.000F( 3000 € ) sur l' année, autant dire, mission impossible! Et pourtant , à quelques francs près, les conditions furent respectée.

Et, puis il y a eu "les talents Lonsois", et le concours "photos", manifestations pérennisées à ce jour. Je croyais en être l' instigatrice, mais, peut-être l' avez-vous oublié?... La mémoire nous joue parfois des tours!...

Que penser aussi de ce "festival de l'humour", sur lequel vous m'aviez laissée travailler d' arrache-pied, plusieurs mois durant. Festival dont le contenu et le budget avaient été validés par le conseil municipal. L'information était parue dans le "par Lons" et vous aviez vous-même annoncé l' évènement , lors de la cérémonie des vœux du personnel?!...Pourquoi, subitement, avez-vous changé d' avis, renonçant sans explication à un projet que tous attendaient? Je crains que cette question ne reste à tout jamais sans réponse, mais, le manquement à votre parole, et le fait que vous ne m' ayez pas fait confiance, m'ont infligé une blessure qui ne s' est pas refermée depuis!

Mais peu importe que vous ayez voulu minimiser mon rôle, j' ai ma conscience pour moi, et j' ai fait de mon mieux avec le peu de moyens mis à ma disposition.

J' ai aimé cette responsabilité d' adjointe à la culture. J' ai fait des rencontres extraordinaires, j' ai tissé des liens qui perdurent à ce jour et pour longtemps encore, je l'espère! Rien que pour cela, Monsieur le Maire, je vous suis reconnaissante de m' avoir permis, de vivre une expérience aussi riche que passionnante!

Lorsqu' à mi-mandat, sur mon insistance et devant ma volonté de départir l'Association des familles, d' un rôle qui n' était pas le sien, vous vous êtes enfin décidé à créer un service culturel digne de ce nom! J' ai d' ailleurs cru, à cette époque, avec l' embauche d' un directeur, que mon travail allait s'arrêter là!...

Cela aurait effectivement pu arriver, si mes relations avec le directeur en question, avaient été mauvaises. Car, dans ce cas de figure, entre l' administratif et l' élue, votre choix était déjà fait!

Mais voilà, malgré mon caractère affirmé, il se trouve que dans ce service culturel, même si je n' ai pas eu autant d' influence que j' aurais dû en avoir, en tant qu' élue responsable, il se trouve que j' y ai bénéficié d'une gentillesse et d' une compréhension qui vont me manquer aujourd'hui!

En effet, vous avez décidé de me retirer ma délégation.

Sans doute votre rôle de maire vous y autorise, mais si l' on examine mieux les textes de loi, il est bien spécifié que le maire peut à tout moment, mettre fin aux délégations qu' il a consenties "Sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l' administration communale"

Je ne pense pas que l' on puisse m' accuser ici d' avoir perturbé de quelque façon que ce soit, le bon fonctionnement de notre mairie.

Cette décision n' a-t-elle pas été prise, plutôt, dans le seul but de défendre vos intérêts personnels en vue des prochaines élections municipales?

C' est un argument politique que j' aurais pu comprendre, si vous en aviez assumé le choix dés le départ!

En ce qui me concerne, j' ai toujours été loyale et je tiens à vous redire ici que vous avez toujours été averti , le premier, des propos que je tenais à votre égard. Si vous avez préféré croire les calomnies que certains ont tout intérêt à faire circuler, croyez- bien que j' en suis réellement désolée!

C' est par honnêteté que je suis venue vous demander votre autorisation pour être suppléante d' un candidat aux législatives. Et c' est aussi dans un souci de clarté que je vous ai prévenu de mes intentions concernant les prochaines élections municipales. Ce jour là, c' était le 18 Septembre, je vous ai annoncé que je soutiendrais une autre tête de liste et je vous ai exposé les raisons de ce choix. Vous m' avez alors incitée à démissionner, ce serait malhonnête de ne pas le mentionner, et c' est d' ailleurs à ce moment là que vous auriez dû faire preuve de courage en me retirant d' office ma délégation!

Au lieu de cela, vous avez écouté mes arguments et mon désir de trouver un compromis: J' acceptais de me montrer discrète et de ne participer à aucune réunion, excepté au conseil municipal, en contrepartie, vous me permettiez d'assumer jusqu' au bout, mon rôle d' adjointe à la culture , rôle se limitant à présenter les différents spectacles et expositions d' une saison culturelle déjà finalisée.

Je partais rassurée, pensant que nous avions trouvé un accord satisfaisant. Et j' ai tenu mes engagements, ne venant à la mairie que pour les évènements concernant la culture, et n' abordant jamais le sujet des futures élections!

Alors pourquoi ce revirement soudain?

Lors de notre dernier entretien, en tête à tête, celui-là, vous m' avez confié que vous n'aviez pas pris cette décision de gaîté de coeur, mais que vous subissiez de fortes pressions. De qui? l' histoire ne le dit pas!...

Après que vous m' ayez demandé une fois de plus de démissionner et devant mon refus catégorique cette fois, vous vouliez, au départ, ne me retirer uniquement que ma seule délégation culturelle, tout en me conservant mon titre d' adjointe... (Effectivement, le retrait d' une délégation est du seul ressort du maire. Par contre, retirer son poste à un adjoint est du ressort du conseil municipal!) «Pour ne pas faire de vagues», disiez-vous.

Mais, rassurez-vous, Monsieur le Maire, en plus de savoir parler, lire et écrire, je sais aussi nager et les vagues ne me font pas peur!...

Comment aurais-je pu comprendre et accepter une telle décision? Cela se voulait-il être une sanction uniquement financière, puisque les indemnités sont liées à la délégation et non au poste? Je vous avoue ne pas avoir compris la logique d' une telle décision:

Soit, vous considériez que je n'avais plus rien à faire au sein de votre équipe, et vous me retiriez tout, soit vous pensiez qu' une cohabitation restait possible et vous ne me retiriez rien! Cette «demie mesure» était à l' image de vos hésitations et de votre embarras!

De plus, et vous avez du en convenir, la législation étant précise sur ce point: Un maire qui retire toutes ses délégations à un adjoint, se doit de convoquer le conseil municipal pour statuer sur le bien-fondé de lui conserver ou non son poste. C' est ce que nous serons appelés à faire dans quelques minutes.

Vous auriez pu, pour contourner le problème, me conserver ma délégationd'adjointe à la jeunesse, mais peut-être personne n' y a-t-il pensé? D' ailleurs qui se souvient que cette délégation m' avait été attribuée?

Il est vrai que je n' ai jamais pu mener quelqu' action que ce soit en direction des jeunes: Je l' avais compris très rapidement lorsque j' avais voulu créer un «point- info-jeunes»

Une fois le projet bien avancé, on m' avait fait comprendre que c' était un projet concernant le social et non pas la jeunesse. J' y avais donc renoncé, la mort dans l'âme!

Par la suite, avec Mr Millot, adjoint aux sports, nous avions comme projet de remettre en mains propres, aux jeunes ayant eu dix-huit ans dans l'année, un «passeport citoyen», en même temps que leur carte d' électeur. Cette initiative avait pour but de sensibiliser ces nouveaux citoyens, à la vie de leur commune, en leur expliquant le fonctionnement d' un conseil municipal et en les renseignant sur les différents partis politiques. Cela nous semblait indispensable, mais là aussi, ce fut une fin de non recevoir!... Le projet était sans intérêt et politiquement dangereux!

Chose amusante, peu de temps après, ce fameux passeport citoyen a été institué de façon obligatoire par Monsieur Chirac. Ce qui prouve que l' idée n' était pas si mauvaise! De là à dire qu'il nous a copié, serait peut-être un peu exagéré!

Toujours est-il, que de guerre lasse, je me suis cantonnée à l' organisation de la saison culturelle, puisque c' était la seule chose que l'on voulait bien me laisser faire!

Tout ceci m' interroge malgré tout: la décision que vous avez finalement choisi de prendre, me confère une importance bien inhabituelle! En quoi suis-je donc si gênante et que vous apporte ce geste si peu élégant de reprendre aujourd'hui, la parole donnée hier?!

Mais dois-je vraiment m' en étonner? N' avons nous pas entendu de votre bouche, Monsieur le maire, en pleine séance de ce conseil, il n' y a pas si longtemps, que les promesses n'engageaient que ceux qui y croyaient?

Et bien moi, quand on me fait une promesse, j' ai encore la faiblesse et la naïveté d' y croire. Parce que, quand c' est moi qui les fais, j'ai pour habitude de les tenir!...

Pour conclure, j' aimerais bien que chacun sache ici que je ne mélange jamais le "politique" et le "relationnel". Personne ne pourra me contraindre à oublier mes amitiés d' hier pour quelques raisons "politiciennes" que ce soit!

Je tiens à préciser aussi, que même s' il m' est arrivé d' être critique envers l'équipe que nous avons constituée, tant bien que mal, depuis plus de six ans, je sais qu' il y a parmi vous des individualités généreuses et sincères, qui auraient sans doute aimé comme moi, trouver dans notre groupe, un peu plus de chaleur et d' amitié.

Monsieur le maire,vous le savez bien, malgré l' affection, sincère, que je vous porte encore, en dépit de tout, si j' ai décidé de soutenir un autre candidat, c'est que je reste persuadée, qu' après les quatre mandats que vous avez effectués, soit vingt-cinq ans de bons et loyaux services, un peu de changement ferait du bien à notre bonne ville de Lons! Ceci est la première raison.

La deuxième, peut-être encore plus déterminante, c' est que durant ces presque sept années, j' ai cherché en vain, au sein de ce conseil municipal, la cohésion, l' écoute, l'échange, la tolérance, et ne serait-ce que le simple respect des différences et des minorités!

Aussi comprendrez-vous, du moins, je l' espère, que j' aille chercher ailleurs, ce que je n' ai pas trouvé ici :

 

Un sens authentique de la démocratie!




Maintenant, je laisse à chacun la responsabilité de son vote, et pour que la démocratie soit respectée, je demande un vote à bulletin secret.

Si vous le permettez Monsieur le maire, j' irai m' asseoir dés maintenant, dans les rangs des simples conseillers, de la piétaille, comme dirait Monsieur Subervie, toujours friand de qualificatifs affectueux comme celui de «potiche» soit dit au passage, et je ne vous cache pas, que c' est avec un certain soulagement que je descends à l' étage inférieur, car je n' ai jamais apprécié la disposition de cette salle qui ne fait qu' accentuer le fossé entre les adjoints et le reste des élus.

Je finirai avec une petite phrase que ma grand-mère aimait a répéter:

« Les honneurs et les responsabilités ne nous donnent aucun droit,ils ne nous confèrent que des devoirs!»

 

29.11.2007

Allumez les Lumières !

cbea28f199877f34192b70b856a283cd.jpgCher François Marie,

Si seulement vous pouviez être là… De votre voix Arouet vous nous auriez clairement dit tout haut de ce que les évènements vous inspirent. De votre plume qui sait virevolter, vous nous auriez peut-être dit : « En notre époque de volts-ère, l’ Hôtel de Ville de Lons est savamment entouré de lampadaires comme il sied aux demeures des grands de ce monde. Pourtant le despote n’y est assurément point éclairé »

Cher François Marie, je ne pouvais cesser de penser à vous en assistant à cette séance réunissant le conseil municipal de Lons en ce 28 novembre 2007.

La salle du conseil est fort belle : à l’image du château, comme il se doit  pour faire honneur à son créateur ; il pense s’en attirer d’ailleurs par là une grande considération. De chaque côté du seigneur sont réunis les chambellans en une longue tablée, symbole vivant de dignité qui n’en rend le maitre des lieux que plus respectable.

Face à cette table dont la majesté démontre indubitablement la légitimité du potentat seigneurial, en parfaites expressions d’une démocratie étincelante, des tables en demi- rond rappellent avantageusement les légendaires débats de la Cité grecque : un amphithéâtre où siègent les élus glorifie ainsi magnifiquement  l’esprit de l’Agora. Ses élus écoutent la parole du seigneur, et rient quand il fait des contes - ce qui semble mieux lui convenir que de faire les comptes - certains le chahutent un peu alors que la plupart suivent ses leçons avec toute la bonne foi que leur inspire l’âge du Patriarche.

Pangloss a donc raison pensais-je avant que la séance ne s'avance, à qui vous faisiez dire  : « Il est démontré [..] que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux, aussi monseigneur a un très beau château ; le plus grand baron de la province doit être le mieux logé ; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l'année : par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tout est au mieux. »

La séance commençait et j’écoutais attentivement. J’en concluais qu’après le bonheur d’être né presque Maire de Lons et de prétendre le rester à vie, le second degré de bonheur était d'être conseiller municipal ; le troisième, de voir le seigneur tous les jours ; et le quatrième, d'entendre maitre l’Adjoint bien aimé du seigneur, le plus grand philosophe de la ville, et par conséquent de toute la terre.

Pourtant, je compris rapidement que quelques temps auparavant, cher François Marie, un tremblement de terre avait secoué la belle ville de Lons. Aussi les sages de l’ Assemblée, sous l’autorité de leur seigneur décidèrent-ils préalablement à huis clos de donner au peuple de Lons un bel auto-da-fé. On se saisit en conséquence d’un membre du Conseil Municipal. Une adjointe au Maire chargée de la Culture serait un magnifique exemple : Marie Casteran,  accusée d’avoir écouté puis d’avoir parlé et donné un un jour son avis. L’on décida ainsi de son bannissement afin que plus aucun tremblement de terre ne vienne mettre en péril la belle demeure seigneuriale.

Après avoir écouté mollement l'accusée et après un sermon pathétique mais expéditif du seigneur au terme duquel seule une maigre poignée de conseillers municipaux s’opposa par le vote, la subversive agitatrice, responsable des tremblements de Mairie fut condamnée sans détour…

Cher François Marie Arouet, cher Voltaire, je ne puis continuer ces lignes en tentant de vous imiter : vous seul saviez manier l’ironie perçante en estoquant de votre fleuret trempé de vérité.

Mon cher maitre de Ferney, je ne puis aujourd’hui que m’indigner. Comment une prétendue démocratie locale peut-elle laisser les formes les plus exécrables réunies de pouvoir se développer à Lons : gérontocratie, cumulocratie, fourbocratie, autocratie… ?

Cher philosophe,  j’ai vu un Maire invoquant la démocratie et ricanant sous cape à des résultats de vote dignes des plus belles séances des Soviets suprêmes - comme le faisait remarquer en séance un opposant. J’ai vu un Maire prétendant fournir des heures de travail acharné et ignorer un de ses dossiers relatifs à un achat de terrain et de bâtiment pourtant couteux. J’ai vu surtout, et c’est là le plus triste, un Maire brandir avec un pouvoir quasi-divin le couperet despotique du sectarisme sous le regard servilement approbateur des ramasseurs de miettes. C’est cela que l’on appelle démocratie à Lons !

Cher François Marie, votre congénère Montesquieu disait un jour « Comme il faut de la vertu dans la république, et dans la monarchie de l’honneur, il faut de la crainte dans un gouvernement despotique ; la vertu n’y est point nécessaire et l’honneur y serait dangereux ». Le gouvernement de la municipalité de Lons ressemble étrangement à ceux là que le Baron de la Brède dénonçait de votre temps. Les temps changent, pas les hommes.

Cher Voltaire, un autre humaniste de notre époque contemporaine nommé Albert Camus a affirmé : « Qu’est-ce que l’homme ? Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux ». Puissent les hommes déboulonner les sombres et vieux lampadaires qui peuplent le pourtour de l’ Hôtel de Ville , balancer les tyrans qui le hantent et y règnent en déités afin de faire jaillir au cœur de la Mairie... les Lumières pour la démocratie !

Charles Tocanier 

09.11.2007

Rêver l' Europe sur grand écran !

La présente rubrique a pour but d'offir à tous une tribune libre. Il s'agit ainsi d'encourager le pluralisme et le brassage des idées. Merci à tous les contributeurs.

Les propos qui suivent n'engagent que leurs auteurs et sont libres de toute ingérance de la part des administrateurs du blog.

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A l’heure où Sarkozy s’apprête à faire voter le traité simplifié des institutions, il ne faut pas simplifier la culture. C’est pourtant ce qui est demandé aujourd’hui par Sarkozy: recentrer la culture sur les résultats obtenus, ce qui aura pour effet de resserrer la création. Pour le cinéma, Cédric Klapisch pousse un coup de gueule dans le quotiden "Le Monde" du 5 novembre.
 
cf76774398973ac80392acc5dd0b288f.jpgLe cinéma fait rêver mais il éveille aussi le regard, la conscience. S’il est temps de promouvoir un cinéma européen de caractère, ce n’est pas en faisant du Harry Potter à la sauce européenne.

Daniel Brühl est l’acteur fétiche du cinéma allemand nouvelle vague ou plutôt "post Mur de Berlin". Le cinéma allemand relève enfin la tête ! Mort en 1982 avec Fassbinder, il a connu quelques soubresauts géniaux avec Paris, Texas et Les Ailes du désir de Wim Wenders, ou encore, plus fugace et isolé, Bagdad Café de Percy Adlon. La relève n’est pas venue des auteurs mais d’un jeune acteur : Daniel Brühl. Vous le connaissez, c’est lui qui tient le premier rôle dans Good Bye Lenin  ! en 2003. En 2004, le revoilà dans The Edukators. Signe de succès, il figure très vite en excellente place dans la distribution d’un excellent film français Joyeux Noël (2005). Ce qui a fait revivre le cinéma allemand, c’est cette jeunesse d’après la chute du Mur de Berlin qui ne demande qu’à s’exprimer. Good Bye Lenin ! et The Edukators illustrent bien ce phénomène. Tout dernièrement, le film De l’autre côté de Fatih Akin (sortie prévue à la mi-novembre) semble promis à un beau succès.

Et en France ? Cédric Klapisch dit s’inscrire dans la même démarche que Pascale Ferran aux Césars. Avec elle et la Société des réalisateurs de films (SRF), il constate que la situation se dégrade rapidement, et qu’il devient urgent de réagir. Le cinéaste témoigne : "Un député européen me demandait récemment : ’Pourquoi n’y a-t-il pas d’Harry Potter européen ?’ Est-ce réellement ce que vous attendez tous ?" Il critique autant la commande faite par Sarkozy à Mme Albanel, ministre de la Culture, de favoriser la culture qui répond aux attentes du public, plutôt que le penchant élitiste d’un certain cinéma français. Avec Internet, le rêve sur grand écran n’a pas connu l’essor promis : il n’y a pas plus d’espaces pour plus de films. "Non ! Paradoxalement, plus on ouvre de fenêtres et plus les portes se ferment." C’est la même course à l’audimat et donc le formatage des oeuvres.

Klapisch plaide pour une audace politique en matière culturelle qui vienne contrebalancer les effets pervers du marché. "Je crois à une troisième voie, dit-il, qui refuse la sempiternelle opposition : film d’auteur, film commercial." Mais j’irai plus loin : ne faut-il pas développer une politique cinématographique européeenne innovante sur la base du moteur franco-allemand qui a fait ses preuves dans les domaines politique, économique et institutionnel ?

Le succès du nouveau cinéma allemand doit beaucoup à ce partage d’une histoire commune. Par exemple : la chute du Mur de Berlin en toile de fond dans Good bye, Lenin  ! Ce fonds commun aux peuples d’Europe constitue une source inépuisable pour les créateurs et devrait permettre assez facilement de séduire le public autrement que par l’emprunt à la culture et au mode de vie américains. Par mimétisme, nous assistons de plus en plus à du copiage alors que les Etats-Unis n’ont pas la même histoire que la nôtre ni même la même société. Un exemple, l’esprit cow-boy que nous copions est spécifiquement américain. Leur patriotisme n’est pas le nôtre. Etc. En Europe, les armes à feu ne sont pas aussi répandues dans la population civile et pourtant nous transposons des histoires de crimes en série aussi spectaculaires.

Il nous faut saisir cette chance que nous avons de posséder un riche patrimoine commun pour relancer la culture à partir du cinéma. La construction de l’Europe, ce n’est pas seulement les institutions et le traité, cela passe aussi par la culture ! Alors, Daniel Brühl, ce jeune acteur allemand qui crève l’écran et qui fait désirer le retour aux salles obscures et à l’odeur chaude et sucrée des pop-corn, sera-t-il le Harry Potter qui donnera un coup de vigueur au cinéma européen ? La réponse à cette question dépend en partie de l’Europe...
 
 
Article rédigé par la Taverne des poètes 
consultable également sur : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31216 

 

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