29.12.2009
Prosperos Beschwörungen (Partie I)
Egon Wellesz (1885 - 1974)
Prosperos Beschwörungen op.53
(5 pezzi sinfonici da "La tempesta" di Shakespeare)
1. Prosperos Beschwörungen. Molto sostenuto
Radio Symphonie Orchester Wien diretta da Gerd Albrecht
merci à Wellesz pour ses excellentes videos
Quelques liens à consulter sur Egon Wellesz, compositeur d'origine autrichienne naturalisé britannique à la suite de son exil pour fuir le régime nazi.
Egon Wellesz, an austrian symphonist in Britain (page web en anglais... comme le titre l'indique)
Ce blog s'est contenté depuis assez longtemps de publications à orientation culturelle. Pour changer, et pour une premier retour sur des terrains fréquentés autrefois...un petit lien vers un blog animé avec intelligence, humour, quelquefois ironie et toujours avec sincérité :
Françoise Blanche... juste pour dire
00:32 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : properos beschwörungen, egon wellesz, seconde école de vienne, art dégénéré, entartete kunst, françoise blanche
26.12.2009
Romantisme décadent
Franz Schreker (1878 - 1934)
Kammersymphonie A dur (Symphonie de chambre)
(extrait)
Stiependiaten der Orchester-Akademie der Berliner Philarmoniker
Sir Simon Rattle
Quelques liens sur le compositeur qui fut classifié "artiste dégénéré" par les autorités nazies :
Franz Schreker (Wikipedia)
A la découverte de Franz Schreker (bel article, avec conseils discographiques, extrait de l'excellent site Carnets sur sol)
Franz Schreker Foundation (en allemand, mais accessible aussi aux anglophones)
Grandeur et décadence de Franz Schreker (classiqueinfo.com)
Discographie de Schreker (par Claude Torres)
All about Schreker par Alex Ross (tiré du site "The New Yorker". En anglais comme le laisse entendre le titre !)
12:04 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : schreker, post-romantisme, entartete kunst, art dégénéré
21.12.2009
The lark ascending
Ralph Vaughan Williams
The lark ascending
Janine Jansen (violon)
BBC Concert Orchestra
Part I
Part II
14:37 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vaughan williams, the lark ascending, janine jansen
20.12.2009
Après un rêve
Après un rêve, Op.7 n°1
Mélodie de Gabriel Fauré
sur un poème de Romain Bussine
Véronique Gens, soprano
Roger Vignoles, piano
Dans un sommeil que charmait ton image
Je rêvais le bonheur, ardent mirage,
Tes yeux étaient plus doux, ta voix pure et sonore,
Tu rayonnais comme un ciel éclairé par l'aurore ;
Tu m'appelais et je quittais la terre
Pour m'enfuir avec toi vers la lumière,
Les cieux pour nous entr'ouvraient leurs nues,
Splendeurs inconnues, lueurs divines entrevues,
Hélas ! Hélas ! triste réveil des songes
Je t'appelle, ô nuit, rends moi tes mensonges,
Reviens, reviens radieuse,
Reviens ô nuit mystérieuse !
10:11 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gabriel fauré, romain bussine, véronique gens, roger vignoles, après un rêve
12.12.2009
Schumann - Das Paradies und die Peri
"O heil'ge Tränen inn'ger Reue"
Berliner Philarmoniker
Simon Rattle
Kate Royal : soprano
Bernarda Fink : contralto
Andrew Staples : tenor
Christian Gerhaher : baritone
(si les textes sont un peu "datés" tant par le fond que par la forme, la musique, elle est impérissable !)
VOKALQUARTETT und CHOR
O heil'ge Tränen inn'ger Reue,
in eurer sanften Sühnungsflut
die einzige, die erste neue
schuldlose Lust für Schuld'ge ruht!
DIE PERI
Es fällt ein Tropfen aufs Land
Ägypten, von Juniushitze verbrannt,
vom Mond herab,
von so heilender Kraft, daß zur Stunde
der Dämon der Pest entschwebt
und Gesundheit Himmel und Erde belebt.
Läßt so, o Sünder, nicht genesen
dich dieser Reuetränen Fall?
Wie glüh'nd die Wunden der Brust gewesen,
ein Himmelstropfen, er heilt sie all'!
TENOR-SOLO mit CHOR
Und sieh, demütig betend kniet
der Mann dort an des Kindes Seite,
indes ein Sonnenstrahl auf beide,
den Sünder und den Reinen glüht.
Und Hymnen durch den Himmel schweben,
denn einer Seele ward vergeben!
Gesunken war der gold'ne Ball,
noch lagen sie auf ihren Knien,
da fiel ein rein'rer, schön'rer Strahl,
als je aus Sonn' und Sternen schien,
auf jene Träne.
Hymnen durch den Himmel schweben,
denn einer Seele ward vergeben!
Ein sterblich' Auge nähm' ihn zwar
als Meteor, als Nordlicht wahr,
doch weiß die Peri wohl: der Schein,
es muß des Engels Lächeln sein,
womit er mild die Träne grüsst,
die bald den Himmel ihr erschließt.
DIE PERI
Freud', ew'ge Freude, mein Werk ist getan,
die Pforte geöffnet zum Himmel hinan,
wie selig, o Wonne, wie selig bin ich!
Süss Eden, wie finster sind gegen dich
Schedukiams Demanttürme, wie matt
die duftenden Lauben von Amberabad!
Lebt wohl, ihr Düfte der Erd', ihr verraucht
schnell, wie der Liebenden Seufzer verhaucht!
Vom Tubabaum ist nun mein Schmaus,
er duftet der Ewigkeit Odem aus!
Lebt wohl, ihr Blüten in meinem Kranz,
ihr blühtet so schön und verwelket doch schon;
o was sind Blumen im irdischen Glanz
doch gegen den Lotos vor Allahs Thron,
mit ew'gen BlütenaÅNsten umstrebt,
wo in jeglichem Blatt eine Seele lebt!
O ewige Freud', mein Werk ist getan,
die Pforte geöffnet zum Himmel hinan,
wie selig, o Wonne, wie selig bin ich!
CHOR DER SELIGEN
Willkommen, willkommen
unter den Frommen!
Du hast gerungen und nicht geruht,
nun ist's errungen, das köstliche Gut!
Sei uns willkommen,
sei uns gegrüsst!
Ja, gibt es ein Opfer der Erdenwelt,
ein Geschenk, das teuer der Himmel hält,
die Träne ist's, die du gebracht,
die aus dem Aug' des Sünders floß,
die dir den Himmel wieder erschloß.
Du hast gerungen und nicht geruht,
nun hast du's errungen, das köstliche Gut!
Aufgenommen
in Edens Garten,
wo liebende Seelen deiner warten,
dich ew'ge Wonne umfließt,
sei uns willkommen,
QUATUOR VOCAL et CHOEUR
Ô saintes larmes d'un profond repentir,
c'est dans vos doux flots d'expiation
que coule le seul nouveau
plaisir innocent du pécheur !
LA PÉRI
Une goutte sur le pays
d'Egypte, brûlé par la canicule de juin,
tombe de la lune,
une goutte d'une telle vertu salvatrice qu'aussitôt
le démon de la peste disparaît
et que le bien-être revivifie ciel et terre.
Et toi, pécheur, n'es-tu pas régénéré
par les larmes que fait couler le repentir ?
Si ardentes que furent les plaies de ta poitrine,
une seule goutte du ciel, et les voilà guéries !
TÉNOR SOLO avec CHOEUR
Voyez, il s'agenouille dans une humble prière,
l'homme, là-bas, aux côtés de l'enfant,
tandis qu'un rayon de soleil ardent
resplendit sur eux deux, le pécheur et l'innocent.
Et des hymnes résonnent dans le ciel,
car une âme a reçu le pardon !
Le disque d'or avait déjà sombré,
ils étaient encore agenouillés,
lorsqu'un rayon plus pur, plus beau
que ceux du soleil ou d'un autre astre
éclaira cette larme.
Des hymnes résonnent dans le ciel,
car une âme a reçu le pardon !
L'oeil d'un mortel croirait y voir
une comète, une aurore boréale,
mais la Péri le sait bien : cette lumière
ne peut être que le sourire de l'ange
saluant avec bienveillance la larme
qui bientôt lui ouvrira le ciel.
LA PÉRI
Joie, joie éternelle, ma tâche est accomplie,
les portes du ciel sont grand ouvertes,
quel bonheur, ô délices, quel bonheur est le mien !
Doux Eden, qu'elles sont noires auprès de toi,
les tours de diamant de Shedoukiam, qu'elles sont fades,
les senteurs des jardins d'Amberabad !
Adieu, parfums de la terre, vous vous consumez
vite, comme les soupirs des amants se tarissent !
Je me repais maintenant de l'arbre de vie,
qui embaume du souffle d'éternité !
Adieu, fleurs de ma couronne,
floraison merveilleuse mais vite fanée ;
que sont les fleurs dans leur éclat terrestre
comparées au lotus qui enlace le trône d'Allah
de branches éternellement fleuries
où vit une âme dans chaque pétale !
Ô joie éternelle, ma tâche est accomplie,
les portes du ciel sont grand ouvertes,
quel bonheur, ô délices, quel bonheur est le mien!
CHOEUR DES BIENHEUREUX
Bienvenue, bienvenue
parmi les saints !
Tu as combattu sans trêve,
et tu l'as obtenu, le précieux bien !
Sois la bienvenue,
nous te saluons !
Oui, s'il est une offrande de la terre,
un présent qui soit agréable au ciel,
c'est cette larme que tu as apportée,
qui a coulé des yeux du pécheur
et t'a valu l'entrée au ciel.
Tu as combattu sans trêve,
et tu l'as obtenu, le précieux bien !
Te voici admise
au jardin d'Eden,
où les âmes aimantes t'attendent,
où tu seras plongée dans les délices éternels,
sois la bienvenue,
nous te saluons !
Source : http://evcnrs.ifrance.com/evcplus/traduc/Schumann/sch-per...
20:05 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : schumann, das paradies und die peri, simon rattle, berliner philarmoniker, bernarda fink, kate royal, andrew staples, christian gerhaher
29.11.2009
Christine Schäfer, l' anti-diva ! (suite)
Christine Schäfer à Paris
Quelques excellentes références discographiques (cliquez sur les liens) :
Johann Sebastian Bach : Oratorio de Noël (extraits)
Wolfgang Amadeus Mozart : Requiem KV626 (extraits)
Johann Sebastian Bach : Kantaten BWV 29, 61, 140 (extraits)
Franz Schubert : Winterreise D 911 (Le Voyage d' Hiver) (écoute intégrale du CD)
Alexander Zemlinsky : Lyrische Symphonie (extraits)
Schönberg : Pierrot Lunaire (Boulez, Ensemble Intercontemporain) (écoute intégrale du CD)
Mozart & Strauss : Konzert Arien und Lieder (écoute intégrale du CD)
Johann Sebastian Bach : Hochzeit Kantaten (écoute intégrale du CD)
Johann Sebastian Bach : Matthäuss-Passion (extraits)
Pierre Boulez : Pli selon pli (écoute intégrale du CD)
Aribert Reimann : Lied-Transkriptionen "... oder soll es bedeuten" (extraits)
Mozart : Le Nozze di Figaro, Salzburg 2006 (DVD) ; Le Nozze di Figaro, Salzburg 2006 (CD)
Schubert : Lieder (extraits)
Krenek : Lieder (extraits)
Robert Schumann : Lieder (extraits)
Aribert Reimann : Lieder (extraits)
22:23 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christine schäfer, christine schafer, traviata, diva, anti-diva, soprano
23.11.2009
Christine Schäfer, l' anti-diva ! (à suivre)
"Je veux le fa dièse"
Pas grand-chose à rajouter si ce n'est de vous inviter à visiter le site de l'artiste :
19:11 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christine schäfer, diva, anti-diva, soprano
10.11.2009
Altenberg Lieder
Altenberg Lieder Op. 4 (1912)
Alban Berg
sur des poèmes de Richard Altenberg (alias Richard Eglaender)
Renée Fleming (soprano)
Orchestre du Festival de Lucerne
direction : Claudio Abbado
1__________
Seele, wie bist du schöner, tiefer, nach...
Seele, wie bist du schöner, tiefer, nach Schneestürmen.
Auch du hast sie, gleich der Natur.
Und über beiden liegt noch ein trüber Hauch,
eh' das Gewölk sich verzog!
Âme, tu es plus belle, plus profonde,...
Âme, tu es plus belle, plus profonde, après les tempêtes de neige.
Et tu en as, semblable à la nature
et sur toutes deux, repose encore un souffle trouble
tant que les nuages ne se sont pas dissipés !
2__________
Sahst du nach dem Gewitterregen den...
Sahst du nach dem Gewitterregen den Wald?
Alles rastet, blinkt und ist schöner als zuvor.
Siehe, Fraue, auch du brauchst Gewitterregen!
As tu vu la forêt après la pluie d'orage
As-tu vu la forêt après la pluie d'orage ?!?!
Tout se repose, brille et est plus beau qu'avant.
Regarde, femme, toi aussi tu as besoin de la pluie d'orage !
3__________
Über die Grenzen des All blicktest du...
Über die Grenzen des All blicktest du sinnend hinaus;
Hattest nie Sorge um Hof und Haus!
Leben und Traum vom Leben, plötzlich ist alles aus - - -.
Über die Grenzen des All bliekst du noch sinnend hinaus!
Sur la limite de l'univers tu jetais un...
Sur la limite de l'univers tu jetais un regard méditatif ;
Tu n'avais pas de souci pour la cour et la maison !
La vie et le rêve de la vie, tout est soudain fini -- -- --
Sur la limite de l'univers tu jettes encore un regard méditatif!
4__________
Nichts ist gekommen, nichts wird kommen...
Nichts ist gekommen, nichts wird kommen für meine Seele.
Ich habe gewartet, gewartet, oh - gewartet!
Die Tage werden dahinschleichen, und umsonst wehen
meine aschblonden Haare um mein bleiches Antlitz!
Rien n'est venu, rien ne viendra pour...
Rien n'est venu, rien ne viendra pour mon âme.
J'ai attendu, attendu, oh - attendu !
Les jours s'écouleront lentement,
Et en vain ma chevelure blonde, soyeuse, flotte autour de mon visage pâle !
5__________
Hier ist Friede. Hier weine ich mich aus...
Hier ist Friede. Hier weine ich mich aus über alles!
Hier löst sich mein unfaßbares, unermeßliches Leid,
das mir die Seele verbrennt ...
Siehe, hier sind keine Menschen, keine Ansiedlungen.
Hier ist Friede! Hier tropft Schnee leise in Wasserlachen ...
Ici est la paix
Ici est la paix. Ici je pleure sur toutes choses !
Ici se dissout la souffrance inconcevable,
immense qui brûle mon âme...
Vois, ici il n'y a pas d'hommes, pas de villages...
Ici est la paix ! Ici la neige s'égoutte dans les flaques d'eau...
21:35 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alban berg, richard altenberg, richard englaender, renée fleming, claudio abbado, festival de lucerne
04.11.2009
Expressionisme
Expressionisme :
Alban Berg et Ernst Ludwig Kirchner
Les peintures d' Ernst Ludwig Kirchner sur l' Adagio de la Suite Symphonique Lulu d' Alban Berg
(merci à Bomarzzo pour ce beau diaporama)
Quelques détails sur l' Expressionisme : Expressionisme (Wikipedia)
Informations interessantes : Die entartete Kunst (l' Art dégénéré)
13:21 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expressionisme, berg, kirchner, lulu
19.10.2009
The survivor form Warsaw
Arnold SCHÖNBERG
The survivor from Warsaw op. 46
film de Saskia Boddeke & Peter Greenaway
I cannot remember everything. I must have been unconscious most of the time. I remember only the grandiose moment when they all started to sing, as if prearranged, the old prayer they had neglected for so many years – the forgotten creed ! But I have no recollection how I got underground to live in the sewers of Warsaw for so long a time.
The day began as usual : Reveille when it still was dark. Get out! Whether you slept or whether worries kept you awake the whole night. You had been separated from your children, from your wife, from your parents; you don’t know what happened to them – how could you sleep?
The trumpets again – Get out ! The sergeant will be furious ! They came out ; some very slowly : the old ones, the sick ones ; some with nervous agility. They fear the sergeant. They hurry as much as they can. In vain ! Much too much noise, much too much commotion – and not fast enough ! The Feldwebel shouts : “Achtung ! Stillgestanden ! Na wirds mal ? Oder soll ich mit dem Jewerkolben nachhelfen ? Na jutt ; wenn ihr’s durchaus haben wollt“. The sergeant and his subordinates hit everyone : young or old, strong or sick, guilty or innocent. It was paintful to hear them groaning and moaning. I heard it though I had been hit very hard, so hard that I could not help falling down. We all on the ground who could not stand up were then beaten over the head.
I must have been unconscious. The next thing I heard was a soldier saying : “They are all dead”, whereupon the sergeant ordered to do away with us. There I lay aside – half-conscious. It had become very still – fear and pain. Then I heard the sergeant shouting: “Abzählen !” They started slowly and irregularly : one, two, three, four – “Achtung! ” the sergeant shouted again, “Rascher ! Nochmal von vorn anfangen ! In einer Minute will ich wissen, wieviele ich zur Gaskammer abliefere ! Abzählen !” They began again, first slowly : one, two, three, four, became faster and faster, so fast that it finally sounded like a stampede of wild horses, and all of a sudden, in the middle of it, they began singing the Shema Yisroel :
Shem’a Yisroel Adonoy eloheynu Adonoy ehod
Veohavto et Adonoy eloheycho bechol levovcho uvchol
nafshecho uvechol me’odecho
Vehoyu hadevorim hoele asher onochi metsavecho hayom
‘al levovecho
Veshinontom levoneycho vedibarto bom beshivtecho
beveytecho uvelechtecho baderech uvshochbecho
uvekumecho.
Je ne peux pas me rappeler de tout, j’ai dû perdre conscience quasiment tout le temps. Je ne me souviens que du grandiose instant où, comme un fait exprès, tous se mirent à chanter la vieille prière, négligée depuis tant d’années ; la foi oubliée ! Mais j’ignore comment j’ai pu me retrouver sous terre, à vivre dans les égouts de Varsovie pendant si longtemps. Journée habituelle. Réveil bien avant le jour. Sortez ! Que le sommeil ou les soucis aient habité toute votre nuit. Vous êtes loin des vôtres, de vos enfants, de votre femme, de vos parents ; vous ignorez où ils sont - comment dormir ?
Les trompettes encore. « Sortez ! le sergent sera furieux ! ». Ils sortaient, les uns au pas, les vieillards, les malades ; d’autres, nerveux se bousculant. Ils craignent le sergent. Ils se dépêchèrent comme ils le pouvaient. En vain ! Beaucoup trop de bruit, trop d’agitation, et pas assez vite ! Le Feldwebel crie : “Silence! Gare à vous! Alors, ça vient ? vous obéissez ? ou faut-il que je vous aide avec la crosse de mon fusil ? Eh bien, si vous y tenez absolument ! » Le sergent et ses subordonnés frappèrent tout le monde : jeune ou vieux, fort ou faible, responsable ou innocent. Quelle peine de les entendre geindre et se plaindre. J’ai entendu, bien qu’on m’ait frappé bien fort ; si fort que je suis tombé malgré moi. On frappa ensuite sur la tête tous ceux d’entre nous qui ne pouvaient se relever.
J’ai dû perdre conscience. Je me souviens ensuite d’un soldat disant : « Ils sont tous morts. » Et puis, le sergent ordonna qu’on nous enlève de là. Je gisais à l’écart, mi-conscient ; il y eut alors un grand calme. Crainte et souffrance. Puis j’entendis le sergent crier : « Comptez-vous ! » Ils commencèrent lentement et irrégulièrement : un, deux, trois, quatre. « Silence ! », cria à nouveau le sergent. « Plus vite ! Recommencez ! Dans une minute je veux savoir combien j’en envoie à la chambre à gaz ! Comptez-vous ! ». Ils recommencèrent, d’abord lentement : un, deux, trois, quatre, puis de plus en plus vite comme si c’était le bruit d’un galop de chevaux sauvages, et soudain en plein milieu, ils commencèrent à chanter le Shema Yisroel :
Shem’a Yisroel Adonoy eloheynu Adonoy ehod
Veohavto et Adonoy eloheycho bechol levovcho uvchol
nafshecho uvechol me’odecho
Vehoyu hadevorim hoele asher onochi metsavecho hayom
‘al levovecho
Veshinontom levoneycho vedibarto bom beshivtecho
beveytecho uvelechtecho baderech uvshochbecho
uvekumecho.
12:14 Publié dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : schönberg, schoenberg, survivor from warsaw, shema yisroel, boddeke, greenaway, varsovie, warszawa, survivant de varsovie




