30.11.2007

Intervention de Marie Casteran au conseil municipal de Lons le 28/11/07

La présente rubrique a pour but d'offir à tous une tribune libre. Il s'agit ainsi d'encourager le pluralisme et le brassage des idées. Merci à tous les contributeurs.

Les propos qui suivent n'engagent que leurs auteurs et sont libres de toute ingérance de la part des administrateurs du blog.

 
 
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Allocution de Madame Marie CASTERAN lors de la réunion du conseil municipal de la ville de Lons (64) le 28/11/07

 
 
 
 
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Marie Casteran 

 

 

Monsieur le Maire,

A la surprise générale, en prenant la parole ce soir, je viens prouver quelque chose d' à peine croyable: je peux parler et je sais même lire et écrire!

Je ne peux pas en vouloir à ceux de cette assemblée qui croyaient le contraire jusqu' à aujourd'hui.

En effet, il est vrai que depuis Mars 2001, je n' ai jamais été sollicitée ni pour m' exprimer, ni même pour lire une délibération concernant la culture dont j'étais chargée par délégation.

Ma seule intervention, silencieuse, mais remarquée, fut de m'abstenir lors du vote sur la médiathèque.

Effectivement, ayant manifesté mon désaccord au sein de notre groupe majoritaire, sur le caractère non prioritaire de cette structure, et sur celui, beaucoup plus urgent, d' une véritable salle de spectacle, je me suis entendue répondre que si je n' étais pas d' accord, la porte était ouverte!

 Devant une telle absence de dialogue, j' avais voulu manifester mon indignation en ne respectant pas les consignes de vote à l' occasion du conseil municipal suivant.

Ceci n' étant pas politiquement correct, inutile de préciser que dés lors, j' ai été complètement écartée du projet «Médiathèque», et de bien d' autres projets d'ailleurs.

Ainsi ai-je été surprise et très peinée d' apprendre récemment, la fermeture définitive, fin Décembre, de la bibliothèque du Perlic . Je n' en avais pas été informée, et je pense que cette décision aurait nécessité une véritable concertation!

Mais là n' est pas le propos: Après cette intolérable abstention au conseil municipal, je m'étais conformée à ce que l'on attendait de moi, par respect de l'équipe plus que par conviction.Il n' est donc pas étonnant que certains m'aient affublée, au même titre d' ailleurs que mes co- listières, du terme peu flatteur de "potiche". J' ose espérer au moins, que l' on m' accordera ,avec indulgence, le caractère... décoratif de l' objet précédemment cité!

Ce serait presque risible, si ce n' était pas aussi désespérant, car je ne me suis pas investie dans cette "mission" que constitue, pour moi, la responsabilité de représentante de la population, pour en tirer quelque avantage que ce soit! J' ai réfléchi pendant deux ans, Monsieur le maire, avant que d' accepter vos propositions... municipales !...

Si seul l' intérêt m' avait poussée, j' aurais dit "oui" tout de suite! Mais j' ai trop de respect pour la chose publique pour me contenter d'accepter un titre sans en supporter la charge. De même, je n' ai pu me résoudre à percevoir une indemnité financière, sans que cette dernière ne soit justifiée par un minimum de présence, de travail, et d' efficacité.

Lors de notre entretien du Mardi 6 novembre, en présence de votre premier adjoint, puisqu' il vous fallait un témoin, vous m' avez dit que je n' étais pour rien dans l'évolution de la culture dans notre commune ! Je n' ai pas la prétention d' avoir été la seule à œuvrer, pour insuffler à Lons, une ébauche de projet culturel, mais je rappellerai quand même qu' en 2001, seules les écoles de musique et de théâtre, survivaient dans un désert culturel avéré et pleinement assumé!

Il m' a fallu beaucoup de patience et de persévérance, Monsieur le maire, pour vous persuader (Et je ne suis même pas sure d' y être arrivée aujourd'hui ), que la culture présentait autant d'intérêt que le sport. Mais, peine perdue, culture rimait alors avec physique !

"Des expositions dans le hall de la mairie? Quelle idée saugrenue"! disiez-vous. Aujourd'hui, vous vous en félicitez, Il faut bien remplir et faire vivre un espace aussi vaste!..Surtout quand on n’en a pas d'autre!

Mais avant d' en arriver à ce constat plutôt positif, il a fallu se battre: C'est l' association familiale dont je m' occupe, qui a fait office, pendant trois ans, de service culturel municipal et d' intermédiaire financier, parce que l'utilité d'un tel service ne vous apparaissait pas flagrante!

Je vous rappelle aussi, preuves à l' appui, s' il en était besoin, que la toute première programmation d' une véritable saison culturelle telle qu' elle apparaît encore aujourd'hui, a vu le jour en 2003, alors qu' aucun structure municipale n'existait encore!

Pour information: A l' époque, pas de véritable budget pour une dizaine de spectacles, et autant d' expositions, mais une autorisation de déficit, à la hauteur de 20.000F( 3000 € ) sur l' année, autant dire, mission impossible! Et pourtant , à quelques francs près, les conditions furent respectée.

Et, puis il y a eu "les talents Lonsois", et le concours "photos", manifestations pérennisées à ce jour. Je croyais en être l' instigatrice, mais, peut-être l' avez-vous oublié?... La mémoire nous joue parfois des tours!...

Que penser aussi de ce "festival de l'humour", sur lequel vous m'aviez laissée travailler d' arrache-pied, plusieurs mois durant. Festival dont le contenu et le budget avaient été validés par le conseil municipal. L'information était parue dans le "par Lons" et vous aviez vous-même annoncé l' évènement , lors de la cérémonie des vœux du personnel?!...Pourquoi, subitement, avez-vous changé d' avis, renonçant sans explication à un projet que tous attendaient? Je crains que cette question ne reste à tout jamais sans réponse, mais, le manquement à votre parole, et le fait que vous ne m' ayez pas fait confiance, m'ont infligé une blessure qui ne s' est pas refermée depuis!

Mais peu importe que vous ayez voulu minimiser mon rôle, j' ai ma conscience pour moi, et j' ai fait de mon mieux avec le peu de moyens mis à ma disposition.

J' ai aimé cette responsabilité d' adjointe à la culture. J' ai fait des rencontres extraordinaires, j' ai tissé des liens qui perdurent à ce jour et pour longtemps encore, je l'espère! Rien que pour cela, Monsieur le Maire, je vous suis reconnaissante de m' avoir permis, de vivre une expérience aussi riche que passionnante!

Lorsqu' à mi-mandat, sur mon insistance et devant ma volonté de départir l'Association des familles, d' un rôle qui n' était pas le sien, vous vous êtes enfin décidé à créer un service culturel digne de ce nom! J' ai d' ailleurs cru, à cette époque, avec l' embauche d' un directeur, que mon travail allait s'arrêter là!...

Cela aurait effectivement pu arriver, si mes relations avec le directeur en question, avaient été mauvaises. Car, dans ce cas de figure, entre l' administratif et l' élue, votre choix était déjà fait!

Mais voilà, malgré mon caractère affirmé, il se trouve que dans ce service culturel, même si je n' ai pas eu autant d' influence que j' aurais dû en avoir, en tant qu' élue responsable, il se trouve que j' y ai bénéficié d'une gentillesse et d' une compréhension qui vont me manquer aujourd'hui!

En effet, vous avez décidé de me retirer ma délégation.

Sans doute votre rôle de maire vous y autorise, mais si l' on examine mieux les textes de loi, il est bien spécifié que le maire peut à tout moment, mettre fin aux délégations qu' il a consenties "Sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l' administration communale"

Je ne pense pas que l' on puisse m' accuser ici d' avoir perturbé de quelque façon que ce soit, le bon fonctionnement de notre mairie.

Cette décision n' a-t-elle pas été prise, plutôt, dans le seul but de défendre vos intérêts personnels en vue des prochaines élections municipales?

C' est un argument politique que j' aurais pu comprendre, si vous en aviez assumé le choix dés le départ!

En ce qui me concerne, j' ai toujours été loyale et je tiens à vous redire ici que vous avez toujours été averti , le premier, des propos que je tenais à votre égard. Si vous avez préféré croire les calomnies que certains ont tout intérêt à faire circuler, croyez- bien que j' en suis réellement désolée!

C' est par honnêteté que je suis venue vous demander votre autorisation pour être suppléante d' un candidat aux législatives. Et c' est aussi dans un souci de clarté que je vous ai prévenu de mes intentions concernant les prochaines élections municipales. Ce jour là, c' était le 18 Septembre, je vous ai annoncé que je soutiendrais une autre tête de liste et je vous ai exposé les raisons de ce choix. Vous m' avez alors incitée à démissionner, ce serait malhonnête de ne pas le mentionner, et c' est d' ailleurs à ce moment là que vous auriez dû faire preuve de courage en me retirant d' office ma délégation!

Au lieu de cela, vous avez écouté mes arguments et mon désir de trouver un compromis: J' acceptais de me montrer discrète et de ne participer à aucune réunion, excepté au conseil municipal, en contrepartie, vous me permettiez d'assumer jusqu' au bout, mon rôle d' adjointe à la culture , rôle se limitant à présenter les différents spectacles et expositions d' une saison culturelle déjà finalisée.

Je partais rassurée, pensant que nous avions trouvé un accord satisfaisant. Et j' ai tenu mes engagements, ne venant à la mairie que pour les évènements concernant la culture, et n' abordant jamais le sujet des futures élections!

Alors pourquoi ce revirement soudain?

Lors de notre dernier entretien, en tête à tête, celui-là, vous m' avez confié que vous n'aviez pas pris cette décision de gaîté de coeur, mais que vous subissiez de fortes pressions. De qui? l' histoire ne le dit pas!...

Après que vous m' ayez demandé une fois de plus de démissionner et devant mon refus catégorique cette fois, vous vouliez, au départ, ne me retirer uniquement que ma seule délégation culturelle, tout en me conservant mon titre d' adjointe... (Effectivement, le retrait d' une délégation est du seul ressort du maire. Par contre, retirer son poste à un adjoint est du ressort du conseil municipal!) «Pour ne pas faire de vagues», disiez-vous.

Mais, rassurez-vous, Monsieur le Maire, en plus de savoir parler, lire et écrire, je sais aussi nager et les vagues ne me font pas peur!...

Comment aurais-je pu comprendre et accepter une telle décision? Cela se voulait-il être une sanction uniquement financière, puisque les indemnités sont liées à la délégation et non au poste? Je vous avoue ne pas avoir compris la logique d' une telle décision:

Soit, vous considériez que je n'avais plus rien à faire au sein de votre équipe, et vous me retiriez tout, soit vous pensiez qu' une cohabitation restait possible et vous ne me retiriez rien! Cette «demie mesure» était à l' image de vos hésitations et de votre embarras!

De plus, et vous avez du en convenir, la législation étant précise sur ce point: Un maire qui retire toutes ses délégations à un adjoint, se doit de convoquer le conseil municipal pour statuer sur le bien-fondé de lui conserver ou non son poste. C' est ce que nous serons appelés à faire dans quelques minutes.

Vous auriez pu, pour contourner le problème, me conserver ma délégationd'adjointe à la jeunesse, mais peut-être personne n' y a-t-il pensé? D' ailleurs qui se souvient que cette délégation m' avait été attribuée?

Il est vrai que je n' ai jamais pu mener quelqu' action que ce soit en direction des jeunes: Je l' avais compris très rapidement lorsque j' avais voulu créer un «point- info-jeunes»

Une fois le projet bien avancé, on m' avait fait comprendre que c' était un projet concernant le social et non pas la jeunesse. J' y avais donc renoncé, la mort dans l'âme!

Par la suite, avec Mr Millot, adjoint aux sports, nous avions comme projet de remettre en mains propres, aux jeunes ayant eu dix-huit ans dans l'année, un «passeport citoyen», en même temps que leur carte d' électeur. Cette initiative avait pour but de sensibiliser ces nouveaux citoyens, à la vie de leur commune, en leur expliquant le fonctionnement d' un conseil municipal et en les renseignant sur les différents partis politiques. Cela nous semblait indispensable, mais là aussi, ce fut une fin de non recevoir!... Le projet était sans intérêt et politiquement dangereux!

Chose amusante, peu de temps après, ce fameux passeport citoyen a été institué de façon obligatoire par Monsieur Chirac. Ce qui prouve que l' idée n' était pas si mauvaise! De là à dire qu'il nous a copié, serait peut-être un peu exagéré!

Toujours est-il, que de guerre lasse, je me suis cantonnée à l' organisation de la saison culturelle, puisque c' était la seule chose que l'on voulait bien me laisser faire!

Tout ceci m' interroge malgré tout: la décision que vous avez finalement choisi de prendre, me confère une importance bien inhabituelle! En quoi suis-je donc si gênante et que vous apporte ce geste si peu élégant de reprendre aujourd'hui, la parole donnée hier?!

Mais dois-je vraiment m' en étonner? N' avons nous pas entendu de votre bouche, Monsieur le maire, en pleine séance de ce conseil, il n' y a pas si longtemps, que les promesses n'engageaient que ceux qui y croyaient?

Et bien moi, quand on me fait une promesse, j' ai encore la faiblesse et la naïveté d' y croire. Parce que, quand c' est moi qui les fais, j'ai pour habitude de les tenir!...

Pour conclure, j' aimerais bien que chacun sache ici que je ne mélange jamais le "politique" et le "relationnel". Personne ne pourra me contraindre à oublier mes amitiés d' hier pour quelques raisons "politiciennes" que ce soit!

Je tiens à préciser aussi, que même s' il m' est arrivé d' être critique envers l'équipe que nous avons constituée, tant bien que mal, depuis plus de six ans, je sais qu' il y a parmi vous des individualités généreuses et sincères, qui auraient sans doute aimé comme moi, trouver dans notre groupe, un peu plus de chaleur et d' amitié.

Monsieur le maire,vous le savez bien, malgré l' affection, sincère, que je vous porte encore, en dépit de tout, si j' ai décidé de soutenir un autre candidat, c'est que je reste persuadée, qu' après les quatre mandats que vous avez effectués, soit vingt-cinq ans de bons et loyaux services, un peu de changement ferait du bien à notre bonne ville de Lons! Ceci est la première raison.

La deuxième, peut-être encore plus déterminante, c' est que durant ces presque sept années, j' ai cherché en vain, au sein de ce conseil municipal, la cohésion, l' écoute, l'échange, la tolérance, et ne serait-ce que le simple respect des différences et des minorités!

Aussi comprendrez-vous, du moins, je l' espère, que j' aille chercher ailleurs, ce que je n' ai pas trouvé ici :

 

Un sens authentique de la démocratie!




Maintenant, je laisse à chacun la responsabilité de son vote, et pour que la démocratie soit respectée, je demande un vote à bulletin secret.

Si vous le permettez Monsieur le maire, j' irai m' asseoir dés maintenant, dans les rangs des simples conseillers, de la piétaille, comme dirait Monsieur Subervie, toujours friand de qualificatifs affectueux comme celui de «potiche» soit dit au passage, et je ne vous cache pas, que c' est avec un certain soulagement que je descends à l' étage inférieur, car je n' ai jamais apprécié la disposition de cette salle qui ne fait qu' accentuer le fossé entre les adjoints et le reste des élus.

Je finirai avec une petite phrase que ma grand-mère aimait a répéter:

« Les honneurs et les responsabilités ne nous donnent aucun droit,ils ne nous confèrent que des devoirs!»