15.07.2008

L'esprit de Valmy

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18 Août 1792 : des troupes contre-révolutionnaires, sous le prussien commandement du Duc de Brunswick envahissent la France.

Un front très important de soldats prussiens, hessois et autrichiens se déployant de Dunkerque à la Franche-Comté avance inexorablement mettant en échec les troupes françaises. Une à une les défenses cèdent : Longwy est pris, Verdun tombe...

En Champagne, Dumouriez et Kellerman, généraux fraîchement nommés par les instances  révolutionnaires rassemblent des volontaires qu'ils arment en toute hâte. Leurs armées formées de quelques professionnels et de nombreux bénévoles peu entraînés se regroupent sur le plateau de Valmy. Adossés au célèbre moulin, ils sont 24000 hommes du côté français. 100 000 austro-prussiens leur font face. C'était  le 20 septembre.

A la faveur d'une dissipation de brouillard, après que les français eurent essuyé un feu nourri d'artillerie sans reculer, Kellerman coiffe son épée de son bicorne au panache tricolore et s'écrie « Vive la nation ! ». Les soldats entonnent la Marseillaise et en un éclair tous leurs chapeaux surmontent les bayonnettes. Une énorme clameur combative s'élève dans les rangs des français : cette armée brûle de combattre. L'infanterie ennemie qui avance, déjà éprouvée par le pilonnage de l'artillerie des révolutionnaires est alors saisie d'effroi. Brunswick donne l'ordre du repli.

Une deuxième tentative d'assaut par les prussiens se met en branle à nouveau quelques heures plus tard. Accueillis par le même bouillonnement pugnace des troupes françaises, les ennemis renoncent et battent en retraite. Les français ne les poursuivront pas.

C'est de ce triomphe populaire qu'est née notre France d'aujourd'hui. En effet, dès le lendemain de la victoire, le 21 septembre, apprenant la  nouvelle et confiante en son avenir, la Convention nationale proclame la République. La défaite de Valmy sonnera le repli pour toutes les armées réactionnaires qui quitteront le territoire français.
 
Goethe qui assistait à la bataille aux côtés du Duc de Saxe-Weimar  s'était écrié : « D’aujourd’hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire du monde. »

Voici à quoi je pensais en ce jour de 14 juillet, et en relisant mon précédent article : « un projet beau mais difficile ». Goethe avait compris :  lorsque les hommes sont prêts à se battre pour des causes qui touchent à la Liberté, à l' Humanité, ils sont capables de tout emporter sur leur passage et défrichent les voies de l'avenir. Les coalisés, eux, se battaient... soldats qu'ils étaient à la solde de régimes féodaux tentant de se préserver.

Aujourd'hui, il ne s'agit plus de faire parler les armes ! Pourtant d'autres combats, plus pacifiques mais non moins progressistes, sont encore à mener. Notamment celui d'une Europe politique choisie et assumée démocratiquement.

Pour quelle Europe allons nous rassembler et faire entendre, à l'instar des troupes révolutionnaires de Valmy,  notre clameur déterminée ? pour une autre Europe que celle de l' Homme ?
 
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Cet article est également disponible sur le site Club des démocrates

26.03.2008

pensée du jour - 26 mars 2008

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"La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir."

Pierre Mendès France